25.3.15

En suspens, pont Rouelle

Sur ce pont-là aucun soupir
Ne soulagera mes pensées
Obstruées par les bruits d'empires,
Par les brouhahas du passé,
Par les impossibles vils rois                
Encombrassés dans leur harnois.
                                                                
Je dois assimiler le souffle:
La détente est un mot tabou!
Me dégager du lourd barouf                           Occasionné par-dessus tout
Par des impensées superflues.       
Me désengager de leur glu,

La glu qui prend, celle qui fige,
L'adhésif infiltré, gelé,
Qui ralentit le mol quadrige
De mes envies décervelées,
Envies d'apprendre et de surprendre,
Envies bêtasses de comprendre.

Le train a démarré, pas moi.
Dur de libérer le cerveau,
Immobile dans ses pourquoi.
Il est arrêté dessus l'eau
Et veut plonger ses petits pieds  
Dans la Seine et se réveiller,

Changer de siècle, imaginer,
Comme une rengaine agrippée,
Le vingt-unième moins miné,
Le présent un peu moins crispé.
Une voix dit: ouvre les vannes!
Une autre dit: ton temps te fane.

En définitive on saurait
Si un cervelet, ça nageait,
On rêverait de grand'marées,
On surferait allongé.
Les yeux fermés dans le wagon,
On se croirait dans un lagon.

Le train est arrivé en gare,
Je voudrais pouvoir dire autant
De mon parcours semi-hagard,  
Semi-marathon hésitant.
Sur le pont Rouelle on y chancelle,
On y remue la balancelle.

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