Il était une fois une demoiselle nipalichomme... (Mais on dit une nipalichonne, en bon nipalichom.) Elle s'appelait Sizaine, elle était jeune, le genre jeune de entre ado et grande-personne-sérieuse. Elle n'avait encore pas beaucoup tourné, autour de 900 ans seulement. Elle nourrissait des rêves de grandeur, elle voulait une révolution de grande ampleur, sur des kilomètres et des kilomètres de diamètre.
Elle gardait cet espoir dans un coin de sa tête, n'y pensant qu'à ses heures perdues.
Un matin d'avril, alors qu'elle accompagnait le mouvement docile d'un moulin à eau avec un copain d'enfance, Jorény, par une lucarne elle vit arriver un humain un peu spécial.
- Jorény, dit-elle, je te laisse la meule pour quelques instants, tu veux bien?
Jorény, pas fâché d'avoir les ailes et la pierre pour lui tout seul, lui répondit d'un clin d'œil et changea juste un peu sa position d'un mètre plus bas pour mieux admirer la belle mécanique rotative.
Sizaine sauta au bas de la meule, savoura au passage la bonne odeur du blé écrasé, et fit un petit bond sur le ventre replet du meunier assoupi près de la porte. Il ne risquait pas de se réveiller: non seulement il n'aurait pas pu la voir même s'il était éveillé, mais en plus un nipalichom pèse en moyenne un gramme et demi. Ce sont des créatures trop subtiles pour la plupart des hommes, des présences invisibles, quasi intangibles.
Mais précisément, ce qui attira l'attention de Sizaine ce matin là, ce fut l'allure très particulière de ce grand barbu qui arpentait le chemin qui montait au moulin. Si Sizaine avait cru au surnaturel, elle aurait parlé de l'aura étrange du marcheur. Mais elle n'était pas superstitieuse, elle savait bien que seuls les nipalichoms avaient une aura, et encore: seulement lorsqu'ils étaient souffrants.
18.6.13
Sizaine - 1
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