Peintre et sculpteur (4è) 17 mai 1867 - (hameau de la Mollard) 6 septembre 1922.
Elève de Gustave Moreau, contemporaine de Matisse et de Rouault, elle fit partie des Fauves. Epouse de Marcel Sembat, parlementaire socialiste, élu du XVIIIè arrondissement et ministre des Travaux publics en 1916. Ce dernier, grand amateur d'art, avait commandé à Matisse une version à l'aquarelle de "la Danse" [...]. Georgette Agutte avait participé à la fondation du Salon d'Automne; à celui des Fauves en 1905, son mari faisait partie du jury. Auteur de scènes dont "Mitsouke à sa toilette", et "le Soir dans les îles" exposé à Bruxelles. Le Salon lui rendit hommage en 1923; le critique d'art Gustave Kahn, dont elle avait fait le portrait en 1920, organisa cette rétrospective avec des panneaux décoratifs, des aquarelles, des sculptures et des tableaux peints sur des plaques de fibro-ciment, support dont elle se servait pour leur donner un aspect de fresques. Elle se donna la mort en 1922, le lendemain du décès de son mari. Elle léguait l'intégralité de ses oeuvres au Musée de Grenoble, dirigé et animé par M. Farcy, conservateur. La Ville* a donné son nom à la rue entre la rue Championnet et la rue Belliard, en 1930. Georgette Agutte a gardé son adresse du 11, rue Cauchois jusqu'à son décès.
Dictionnaire des peintres de Montmartre, XIXè-XXè s.
Montmartre, éditions André Roussard, 1999.
* L'article parle de la Ville de Paris, bien sûr.
Wikipédia précise qu'elle était fille d'un peintre (Jean Georges Agutte), qu'elle a pris chez Moreau sa liberté d'esprit, qu'elle était une artiste non conformiste.
Dans le legs que Sembat et Agutte firent au Musée de Grenoble, on trouve des oeuvres de Matisse, Van Dongen, Rouault, Marquet, Derain, Vlaminck...
Il est difficile de trouver des peintures d'elle (encore moins des sculptures) sur le Net. Voici deux exemple: "Deux Femmes" et "Inondations à Bonnières".
Dans les dictionnaires des noms propres de taille moyenne, elle est simplement indiquée comme "épouse de Marcel Sembat". Mpfff. Ce n'était peut-être pas une peintre géniale mais ça serait juste un peu respectueux de lui reconnaître une activité professionnelle et pas seulement un état-civil. Non mais.
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8 commentaires:
j'avoue que j'ignorais totalement son existence. D'après les deux reproductions c'était un peintre très honnête. Peut être tout simplement a-t-elle peu vendu, sa génération, épouse de ...
Ah, la bataille incessante de la concision et la sélection nécessaires contre l'exhaustivité respectueuse... Si seulement l'être humain pouvait faire plus que d'éclairer une infime partie à la fois ses connaissances avec le mince faisceau de torche electrique de sa concentration !
En attendant, il y aura toujours dans le dictionnaire et sur le calendrier des tas de gens dont on se fout et qu'on ne connait pas... Et chacun pense qu'il y a d'autres gens qui mériteraient d'y être mais n'y sont pas. Qui se souvient de Casimir Pulaski, héros polonais de la révolution américaine mort à la bataille de Savannah ? Pourtant il a son "General Pulaski Day", une commémoration non chômée, certes, mais tout de même au niveau fédéral. C'est à peine s'il a quelques lignes dans les dictionnaires anglophones courants.
Aucune morale ici, aucun principe, si ce n'est que nous avons une culture judéo-chrétienne, donc basée sur l'histoire et la recollection d'événements passés... Et que l'on est TOUJOURS confrontés à l'impossibilité de se souvenir de tout, ou même de se souvenir de tout avec précision, acuité et exactitude. C'est une contradiction inhérente de notre culture et de nos spiritualités, d'ailleurs, de se souvenir d'une ou plusieurs versions de l'histoire, d'interprêter et de réinterprêter les sources tantôt comme mythes, tantôt comme faits, tout en perpétuant la tradition (qui tient de l'idée reçue) que l'Histoire est immuable... Alors qu'à chaque génération, elle apporte quelque chose de différent, dans chaque pays et chaque culture, toujours en mouvement. C'est pourquoi, si ça se trouve, cette peintre dont le nom m'a déjà échappé pourrait se retrouver au premier plan demain comme artiste incomprise de son siècle... Ou même complètement réinterprêtée par des archéologues obtus dans un millénaire, et devenir la Cruelle Reine de la Cité Franche de Paris, qui peignait des femmes condamnées à mort par noyade ! Tout ceci a-t-il un sens ? Bien sûr que non. Qu'est-ce qui en a ? Peut-être rien. Au bout du compte, l'Histoire, el passé, ce qu'il y a dans le dictionnaire et comment tout cela est choisi, tout ça n'a aucun sens. C'est peut-être aussi le cas da la vie, du moins par notre bout de la lorgnette : aucun sens, si ce n'est la direction et la poussée arbitraire que nous lui imprimons. Et comment on en est arrivé à une réflexion de cette profondeur à partir d'une quasi anonyme qui a peint trois trucs et épousé un gars à peine plus fameux, je ne le saurais jamais... Mais rien que pour ça, elle mérite le respect !
Et pourtant, Georgette Agutte, c'est un nom choisi, qui vous guette et qui en jette, Georgette contrairement à son époux Marcel Sembat n'a pas de station de métro mais peut-être un arrêt de bus, car cette dame vaut que l'on s'arrête, quelques secondes de notre misérable vie, nous qui accepterions presque de ne voir qu'en noir et blanc tant est grande notre médiocrité, convaincu que rien ne sert à rien, à part le gratin de courgettes au St Agur, acariâtres et râleurs, maintenant, bloqués par la grève au M° Marcel Sembat, nous nous souviendrons du destin de Georgette, cette femme épouse de... qui peignait si bien le corps des femmes, ces femmes nubiles l'une l'autre relevant, ces femmes réjouies sur les rives herbeuses du bord de Seine, à Bonnières, et les crues de la Seine évoqueront pour nous les scènes crues et tendres, une femme aura su peindre cette réalité charnelle qu’un homme aurait dénaturé par son regard égrillard et obscène, et la vie n'aura guère plus de sens mais un peu plus de sensualité et de couleurs, celles de Georgette Agutte , cette élève de Gustave Moreau, et nous oserons cette jouissance dont Georgette a rêvé, Georgette épouse de … merci d’avoir pris tes pinceaux, ce jour là, merci Renard d’eau de savoir extraire du modeste réel de quoi nous réjouir, rusé Renard, tu es vraiment le plus tarazimboummant de tous les bloggers.
Grenoble. Georgette Agutte, tiens, ça me rappelle quelque chose (Poivert ex-grenobloise qui sait qu'elle a vu des toiles de la dite peintre, mais qui ne se rappelle pas à quoi elles ressemblent... At-t-elle pu voir celles que tu mets en lien ? Mystère)!
Par contre, le boulevard Agutte-Sembat, même le plus ignare des Grenoblois le connaît. Et tout autour, en plus, il y a mes librairies grenobloises préférées.
PS. Au sujet des "dictionnaires des noms propres de taille moyenne"... Il s'agirait d'être un peu précis, cette expression pose question : sont-ce les dictionnaires eux-mêmes, ou les mots qu'ils recensent, qui sont de taille moyenne (hi hi hi) ? Il est vrai que le patronyme "Agutte" est bref, cinglant, mais de taille... moyenne.
Conclusion du jour : Poivert est moins bavarde que El l'interminable !
Hi hi hi, Miss Poivert je ris parce que j'ai triché: je ne me rappelle plus dans quels dictionnaires j'ai fouillé. Bien sûr, ce sont les dicitonnaires qui étaient de taille moyenne (moi aussi, mais passons).
Siréneau, vous en êtes un autre.
El l'interminable, moi j'aime bien quand ça n'en finit pas, d'autant que ton texte finit (quand même) par "respect"!
Brigetoun, il y a tellement de gens dans ce cas, peut-être plus de femmes que d'hommes? Peut-être effectivement, malgré son "non conformisme", est-elle d'elle-même restée en arrière? Il faudrait mener une recherche plus poussée.
Pardon: les dictionnaires, pas les DC-tonnerres (ça c'est dans les comics)!
Oulala, ton humour baisse, au fur et à mesure des réponses...
Poivert contente, et qu'ose pas le dire, question de pudeur, tout de mêm(-erci) !
C'est ma spécialité, ça, les calembours à 2 balles. :o)
Pas de (quoi).
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