Ils ne savaient plus trop où ils en étaient par rapport à la date de l’arrivée du nuage sur la Terre. Quelques jours? Une semaine? De toute façon, maintenant, ce qui comptait le plus c’était d’agir avant qu’une arme humaine atteigne leurs camarades de l’espace.
Ils en discutèrent longuement. Les hommes savaient blesser et même tuer les nipalichoms, ils en avaient le pouvoir même s’ils n’avaient en général pas conscience de l’existence des petits tournicoteurs. Les nipalichoms, bien que faits de matière plus subtile, moins tangible, que la plupart des êtres qui les entouraient, ne résistaient pas plus que les autres vivants à la morsure des explosions nucléaires. Au début de l’ère atomique, bien des enfants nipalichoms en avaient fait l’irréversible expérience en visitant des centrales ou en accompagnant le mouvement de missiles en cours de test, par pure curiosité. La plupart d’entre eux étaient morts, quelques-uns seulement étaient revenus, invalides, traumatisés pour le restant de leur vie abrégée de nombreux siècles.
L’arme nucléaire étant la plus puissante arme connue, c’était évidemment celle qu’utiliseraient les forces militaires internationales qui allaient défendre la planète. Combien de nipalichoms extra-terrestres allaient disparaître?
Sizaine et Jorény ne voulaient plus se poser de questions. Ils voulaient agir mais ils étaient épuisés.
Dans trois heures, de nouveau la Lune et le nuage seraient dans une configuration pratique pour eux. Ils en profitèrent pour dormir, autant que possible, en retournant dans un coin de verdure.
Ensuite, ils prirent leurs marques. Et ils s’élancèrent.
Ils s’y étaient plutôt bien pris, on ne pouvait pas leur reprocher quoi que ce soit, mais décidément voyager hors de l’atmosphère, avec moins de gravité, c’était compliqué.
Donc au lieu de passer à côté de la Lune, ils se retrouvèrent… dedans.
Un grand nipalichom aux yeux perçants les contemplait, étonné, au centre d’une cavité sphérique et sombre:
« Nom d’une poulie en poudre, s’exclama-t-il, mais qui voilà donc? »
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