28.1.06

Pour la réhabilitation d'Elpénor

Rhume en vue, le bateau tangue et le ciel est bas, mais dis-moi ô Muse dans quel état j'erre?
J'ai découvert une histoire de Manara dans quelques vieux numéros de la revue BoDoï: L'Odyssée de Giuseppe Bergman (printemps 2004). Elle évoque certains épisodes de l'Odyssée. Elpénor y figure en bonne place, lui le moins courageux des compagnons d'Ulysse, mort bêtement qui plus est.
Manara dessine comme un dieu, dommage qu'il joue si vilainement avec les personnages féminins.

6 commentaires:

Audrey H. a dit…

Je n'ai pas lu cette BD-là, mais quelques autres de Manara.
Lorsque tu écris qu'il joue vilainement de ses personnages féminins, est-ce vraiment objectif? Un regard masculin aurait-il été le même?

Julie a dit…

Mon regard est-il objectif? Non, pour sûr, mais est-il "féminin" pour autant? Pas évident.
Manara fait souvent de la femme un objet utilisable à merci (voir le Déclic par exemple); dommage, à ce compte-là, de ne pas rendre la pareille aux hommes aussi de temps en temps. Par ailleurs, ceux qui aiment les femmes ne les aiment pas forcément soumises.
Mais ce qui m'a bien plu dans l'l'Odyssée de G. Bergman, c'est que le héros subit passivement l'action.
Et Manara y est encore plus poète qu'avant.

Siréneau a dit…

Pauvre Elpénor, l'Odyssée est un bon guide, et Ulysse est bien moins macho que Manara, quand il accoste sur le rivage de Phéacie dans le plus simple appareil, les servantes jouant à la balle s'enfuient, la belle Nausicaa soutient son regard...
Manara Poète? je vais lire cet album!
Leo est poète galant dans Aldébaran, Bételgeuse mais vous n'aimez pas les planètes lointaines? Il a dessiné Kenya aussi, c'est superbe.

Julie a dit…

Sireneau, quel plaisir de vous accueillir ici!
Ulysse est un de mes personnages préférés. Quelque part dans ce blog, j'ai cité un proverbe japonais: "Si tu es pressé, fais un détour". Ce n'est pas par hasard.

Je préfère largement Leo (très beau site en Flash) à Manara, assurément. Je ronge mon frein pour Antarès!
Leo a le talent rare de créer des mondes incroyablement étrangers. Il invente tout un écosystème et ça forcément j'adore aussi.

Sur le plan de l'inventivité zoologique il se rapproche d'un roman initiatique trop méconnu: Un voyage en Arcturus de David Lindsay (années 1920, trad. fr.: Denoël, 1975, se trouve à la bib. mun. de Port-Royal à Paris). Mais le voyage en Arcturus est un roman initiatique à l'ancienne, dans le sens où plus vous vous éloignez de chez vous, plus vous devenez autre (le héros se métamorphose sans cesse physiquement et mentalement). Tandis qu'en fin de compte, chez Leo, les personnages développent leurs propres traits (courage, violence, obstination...) comme dans toute belle aventure, et c'est déjà très bien.

Siréneau a dit…

J'ai donc frappé à la bonne porte, cher Renard! Je cherchais confusément cette histoire d'"Arcturus", un visiteur a laissé ce nom sur mon blog, et le sien est bien mystérieux, je n'ai donc aucune chance de trouver ce livre en librairie? 1975 ce n'est pas si vieux? J'attends également Antarès!
Je n'ai vraiment plus l'âge des BD, je les achète pour mes enfants, mais je revisite toutes celles de Leo à chaque parution!
Merci Loupil, bonne journée!

Julie a dit…

Peut-être votre visiteur a-t-il simplement adopté le nom de l'étoile principale de la constellation du Bouvier, proche de la Grande Ourse? J'en profite pour faire la pub d'un excellent opuscule: Astronymie d'André Le Boeuflle, chez Burillier, 1996. Arcturus signifie "gardien de l'ours".

Apparemment le roman de David Lindsay se trouve assez facilement sur des sites web vendant des livres d'occasion. Mais je vous préviens: c'est un roman très insolite!

Bonne soirée, Siréneau!