Cervius le sermonna encore: de toute façon, Barnabol n'avait plus de réponse à noter, rien qu'une interrogation à prendre à bras-le-corps.
Alors le nipalichom ne fit ni une ni deux: il fuit à toutes jambes. Il courut comme seuls les nipalichoms savent le faire, décoiffant au passage tournesols et hérons.
Il courut jusqu'à ce qu'il rencontrât un vénérable sage nipalichom. Un vénérable sage nipalichom se reconnaissait à trois choses: sa crécelle, son regard hébété et la plante verdâtre qu'il mâchait en permanence. Plein d'espoir, Barnabol lui confia son carnet à spirale, dans l'attente d'un autre tout neuf. Le sage feuilleta le vieux cahier et fixa ses yeux glauques sur son interlocuteur mortifié: « Non, mon enfant, tu n'en auras pas d'autre. Tu apprendras beaucoup de choses encore. Mais d'après ce que je vois là, tu as besoin d'un petit coup de pouce. Ce coup de pouce, je te le donne de bon cœur.
30.9.09
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