30.9.09

La saga du Nipalichom - 12

Barnabol, de plus en plus confus, erra pendant des heures dans la campagne. La nuit tombait lorsqu'il rejoignit un pré. Il s'allongea dans l'herbe chatouilleuse, laissa les fourmis et les pollens se promener sur lui. Il s'absorba dans l'observation du mouvement de la Lune, des planètes, des étoiles, des galaxies même (puisque les nipalichoms voient plus finement que nous). Il s'abandonna à la révolution de la Terre, tout simplement. Cette nuit-là il ne dormit pas. Il veilla les yeux grands ouverts.
Au petit matin, il prit la décision de relire son carnet d'un bout à l'autre. Il l'avait commencé il y avait bien longtemps déjà et ce qu'il y apprit, en définitive, c'était qui il était, quelque chose qui ne s'écrivait pas vraiment mais qui tout entier, par petites touches, était là et bien là. Il bénit le sage nipalichom, il bénit Cervius et même Ursus. Et il expédia à tout jamais le calepin jauni dans l'herbe maintenant constellée de rosée et de pâquerettes réouvertes au soleil nouveau.

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