19.9.09

La saga du Nipalichom - 3

Barnabol prit le parti de voyager sans boussole ni carte du ciel. Ce fut nouveau pour lui: ne rien regarder de ce qui tourne, ni cadran ni étoiles. Il ne consultait plus sa montre. Et chaque fois qu'il rencontrait un nipalichom, c'est-à-dire tout le temps, il faisait en sorte de le saluer sans le questionner, même s'il passait alors un bon moment de bavardage. Au bout de quelques jours son léger vertige initial s'était transformé en une griserie confortable. Seuls sa fatigue, sa faim et l'alternance des nuits et des jours lui donnaient une petite notion de l'heure. Tout lui semblait plus véritable, plus épais. Une semaine s'était écoulée sans grande surprise lorsqu'au détour d'une grosse souche de hêtre, en forêt dense, il fut accueilli par un: « Tu n'as pas fini de marcher, mon gars! »

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