« Ne tiens pas compte de ce malaise, lui dit l’homme maintenant revenu à un rythme normal, je vais t’expliquer mais malheureusement il faudra supporter ce désagrément jusqu’à ce qu’il soit trop gênant. »
Sizaine ne répondit rien: elle ne se trouvait pas dans une situation confortable parce qu’elle ne voyait pas ses yeux. Il s’en aperçut et lui présenta une main ouverte. « Monte, ne crains rien. »
Elle grimpa sur la main avec confiance; une telle voix ne pouvait être celle d’un agresseur.
Il s’assit sur une pierre du bord du chemin et, puisqu’ils se tenaient maintenant en face à face, reprit:
« Je m’appelle Grévil le Circonspect, mais tout le monde m’appelle Grévil tout court.
- Enchantée monsieur Grévil, répondit la nipalichonne, moi je suis Sizaine.
- Eh bien, Sizaine, j’ai de la chance de t’avoir rencontrée. Il s’interrompit: mais, comment te sens-tu? Est-ce tenable?
- Vous parlez de ce tournis? J’avoue que c’est bien la première fois que je ressens ce genre de chose, et ce n’est pas agréable. Je n’aurais pas cru dire un jour que ce qui tourne est déplaisant. Mais ça va.
- Tu me préviendras si cela devient trop pénible. Je te poserai. Moi aussi je ressens ce phénomène. Les vieux m’avaient prévenu: cela arrive quand un snelt et un nipalichom entrent en contact.
- Un snelt? Qu’est-ce que c’est? Vous n’êtes pas humain?
- Ah, si, je suis humain, petite dame, mais d’un peuple qui a évolué à part pendant de nombreuses générations. Nous, les snelts, nous avons développé quelques particularités par rapport aux humains.
- Par exemple vous connaissez et vous voyez les nipalichoms?
- Cela, c’est à notre vie à l’écart, en pleine forêt, que nous le devons. Mais les nipalichoms des bois nous ont évités si longtemps qu’ils ont fini par nous oublier. Ce sont eux maintenant qui ne nous voient plus. Ou c’est tout comme. »
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