Sizaine était pâle, mais tenait bon.
« Les nipalichoms des bois vous évitent à cause de ce vertige qui nous prend quand nous entrons en contact avec un snelt?
- Oui, en partie, mais ils nous évitent surtout parce qu’ils ne supportent pas notre apparente lenteur. Nous ne vivons pas au même rythme que vous, du moins c’est l’impression que nous vous donnons.
- Mais c’est une impression ou une réalité?
- Disons que c’est un peu des deux. C’est difficile à appréhender, je sais. En gros quand un nipalichom s’approche d’un snelt, sa perception est faussée mais le temps s’écoule tout de même pareil pour tous les deux… »
Sizaine était un peu perdue.
« Mais…
- Je t’embrouille, je vois, mais peu importe. Simplement, en résumé, la rencontre est difficile. Il sourit.
- Pourquoi cela s’annule-t-il lorsque nous nous touchons?
- Eh bien c’est parce que là ton corps t’informe mieux que tes yeux, mais ton esprit sent un décalage tout de même et c’est pour cela que tu te sens nauséeuse. Et c’est pareil pour moi, comme je te disais.
- Attendez, euh…
- Pardon, je viens d’y penser: je te tutoie depuis le début mais peut-être cela te gêne-t-il?
- Non, non, ça va, Grévil. Mais… Voilà ça y est: je sais ce que je voulais vous… te demander: comment as-tu fait pour dessiner dans mon carnet?
- Ah! Nous entrons dans le vif du sujet: eh bien j’ai employé le pouvoir particulier des snelts: j’ai fissuré le temps. Parce que cela en valait vraiment la peine. J’ai une planète entière à sauver. »
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