[Attention: deux épisodes aujourd'hui!]
"J'avais l'impression que M. Vinh-Truvio refusait d'entendre citer les talents des uns et des autres, précisa Anne. C'est pourquoi je le trouvais suspect.
-Erreur, Mademoiselle Smyss: M. Vinh-Truvio a simplement plusieurs raisons assez valables de fuir ce genre de discussion.
Primo, il a reçu la plus parfaite éducation calpatylienne, dans l'une des 'grandes familles' des Hautes-Prouses; il est donc particulièrement pudique à ce sujet. Vous aurez noté, je pense, que Calpatyl est un pays nettement hostile à toute originalité. Notre ami architecte fait les frais de cette mentalité obtuse depuis toujours. Moi aussi, d'ailleurs. Nous nous en sortons bien parce que nous sommes têtus et rentables, mais nous devons batailler tous les jours tout en restant discrets. J'ai pour ma part la chance de résider à Arexhaï.
Secondo, c'est le plus récent membre du cabinet Kreg. Il n'est pas encore à son aise dans l'équipe. De plus, concrètement il n'interviendra que tardivement dans le projet. Il travaille déjà d'arrache-pied. Il espère que ses talents humains d'artiste, sans l'influence de qualités encore plus exceptionnelles, auront raison de l'ostracisme qu'il croit subir. En résumé il fait sa diva, cela le rend antipathique mais en réalité je crois que c'est un brave type mal dans sa peau.
-Et... tertio? demanda Gamaliel avec un clin d'oeil à Dedlar en souvenir de son argumentation deux mois auparavant.
-Tertio, ce monsieur se sent d'autant moins bien dans sa peau qu'il a honte de sa 'particularité'.
-Ah bon? Et quelle est-elle? demanda Dedlar.
-Cela ne nous regarde pas, coupa Gamaliel avec précipitation. Si ça n'a pas d'incidence sur notre affaire, tenons-nous en là. Si ça en a, et le seigneur Vaïsed va nous le dire, nous n'aurons qu'à demander à l'intéressé lui-même. Ce pauvre gars semble suffisamment malheureux comme ça: vivre dans la honte et la dissimulation, c'est quelque chose que je ne recommande à personne. (Anne le regarda avec compassion et Dedlar l'entrevit.)
-Je suis d'accord avec maître Pelsoth. Je ne crois d'ailleurs pas que le don de M. Vinh-Truvio nous concerne.
-D'accord, d'accord", répondit Dedlar, gêné, et il se râcla la gorge avant de se plonger, comme ses compagnons, dans un silence songeur.
Ils arrivèrent à l'auberge du Chat qui brait. Ils montèrent directement à la chambre de Merco Mercolef. Le bio-énergéticien dormait. M. Vinh-Truvio était affalé sur sa chaise à côté de lui. Il n'y avait pas de trace de Mme Sdapil.
Ils avaient tous envisagé cette hypothèse, mais elle leur avait paru trop bizarre pour les inciter à en parler: Mme Sdapil pouvait être leur agresseur après tout.
Gamaliel remarqua qu'il sentait une très subtile odeur de sang et se pencha sur les deux hommes endormis:
"Ouf, Merco n'a rien de plus. En revanche Vinh-Truvio a reçu un coup sur l'arrière du crâne, ce que j'ai reniflé est une simple écorchure occasionnée par le coup. J'espère juste qu'il n'a pas de lésion interne. Aubergiste! (L'aubergiste arriva, efficace.)
-Oui monsieur?
-Nous avons besoin de faire revenir M. Telzyd, le guérisseur. Pouvez-vous le faire appeler?
-D'accord, j'envoie mon fils cadet. Un problème, monsieur?
-Euh oui, mais vous n'y êtes pour rien, ne vous inquiétez pas. Avez-vous vu Mme Sdapil, depuis notre départ?
-Il m'a semblé la voir partir peu de temps après vous, monsieur.
-Merci. (L'aubergiste descendit indiquer la course à son fils.)
-Nous devions voir la police, eh bien, nous allons pouvoir lui donner de la matière à réflexion, dit Dedlar. Tu fais quoi, là, Gam'Pel? (Gamaliel était ressorti dans le couloir, le nez en l'air.)
-Je vous confirme que la porte de la chambre de Mme Sdapil sent la fleur de miralinysse. Donc soit elle a une relation quelconque avec M. Vinh-Truvio, ce dont je doute, soit elle lui a 'emprunté' son eau de toilette pour m'induire en erreur sur le chantier. La coquine!"
"J'avais l'impression que M. Vinh-Truvio refusait d'entendre citer les talents des uns et des autres, précisa Anne. C'est pourquoi je le trouvais suspect.
-Erreur, Mademoiselle Smyss: M. Vinh-Truvio a simplement plusieurs raisons assez valables de fuir ce genre de discussion.
Primo, il a reçu la plus parfaite éducation calpatylienne, dans l'une des 'grandes familles' des Hautes-Prouses; il est donc particulièrement pudique à ce sujet. Vous aurez noté, je pense, que Calpatyl est un pays nettement hostile à toute originalité. Notre ami architecte fait les frais de cette mentalité obtuse depuis toujours. Moi aussi, d'ailleurs. Nous nous en sortons bien parce que nous sommes têtus et rentables, mais nous devons batailler tous les jours tout en restant discrets. J'ai pour ma part la chance de résider à Arexhaï.
Secondo, c'est le plus récent membre du cabinet Kreg. Il n'est pas encore à son aise dans l'équipe. De plus, concrètement il n'interviendra que tardivement dans le projet. Il travaille déjà d'arrache-pied. Il espère que ses talents humains d'artiste, sans l'influence de qualités encore plus exceptionnelles, auront raison de l'ostracisme qu'il croit subir. En résumé il fait sa diva, cela le rend antipathique mais en réalité je crois que c'est un brave type mal dans sa peau.
-Et... tertio? demanda Gamaliel avec un clin d'oeil à Dedlar en souvenir de son argumentation deux mois auparavant.
-Tertio, ce monsieur se sent d'autant moins bien dans sa peau qu'il a honte de sa 'particularité'.
-Ah bon? Et quelle est-elle? demanda Dedlar.
-Cela ne nous regarde pas, coupa Gamaliel avec précipitation. Si ça n'a pas d'incidence sur notre affaire, tenons-nous en là. Si ça en a, et le seigneur Vaïsed va nous le dire, nous n'aurons qu'à demander à l'intéressé lui-même. Ce pauvre gars semble suffisamment malheureux comme ça: vivre dans la honte et la dissimulation, c'est quelque chose que je ne recommande à personne. (Anne le regarda avec compassion et Dedlar l'entrevit.)
-Je suis d'accord avec maître Pelsoth. Je ne crois d'ailleurs pas que le don de M. Vinh-Truvio nous concerne.
-D'accord, d'accord", répondit Dedlar, gêné, et il se râcla la gorge avant de se plonger, comme ses compagnons, dans un silence songeur.
Ils arrivèrent à l'auberge du Chat qui brait. Ils montèrent directement à la chambre de Merco Mercolef. Le bio-énergéticien dormait. M. Vinh-Truvio était affalé sur sa chaise à côté de lui. Il n'y avait pas de trace de Mme Sdapil.
Ils avaient tous envisagé cette hypothèse, mais elle leur avait paru trop bizarre pour les inciter à en parler: Mme Sdapil pouvait être leur agresseur après tout.
Gamaliel remarqua qu'il sentait une très subtile odeur de sang et se pencha sur les deux hommes endormis:
"Ouf, Merco n'a rien de plus. En revanche Vinh-Truvio a reçu un coup sur l'arrière du crâne, ce que j'ai reniflé est une simple écorchure occasionnée par le coup. J'espère juste qu'il n'a pas de lésion interne. Aubergiste! (L'aubergiste arriva, efficace.)
-Oui monsieur?
-Nous avons besoin de faire revenir M. Telzyd, le guérisseur. Pouvez-vous le faire appeler?
-D'accord, j'envoie mon fils cadet. Un problème, monsieur?
-Euh oui, mais vous n'y êtes pour rien, ne vous inquiétez pas. Avez-vous vu Mme Sdapil, depuis notre départ?
-Il m'a semblé la voir partir peu de temps après vous, monsieur.
-Merci. (L'aubergiste descendit indiquer la course à son fils.)
-Nous devions voir la police, eh bien, nous allons pouvoir lui donner de la matière à réflexion, dit Dedlar. Tu fais quoi, là, Gam'Pel? (Gamaliel était ressorti dans le couloir, le nez en l'air.)
-Je vous confirme que la porte de la chambre de Mme Sdapil sent la fleur de miralinysse. Donc soit elle a une relation quelconque avec M. Vinh-Truvio, ce dont je doute, soit elle lui a 'emprunté' son eau de toilette pour m'induire en erreur sur le chantier. La coquine!"

2 commentaires:
ça c'est embêtant, Sdapil rimant avec Loupil, ça crée une sympathie, mais d'autre part, ça peut servir à brouiller les pistes, coquine...
Le subo doré est la plus haute récompense calpatylienne, remis par le roi en personne...
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