2.4.08

Nautodrome 42 - Reprise

"Huuum (Dedlar se râcla la gorge), j'ai très soif.
-Voici de l'eau, Ded, prends ton temps.
-Merci." Il se désaltéra longuement.
"Combien de temps... Mercolef! Comment va-t-il? Y a-t-il eu d'autres agressions?
-L'état de M. Mercolef s'est stabilisé, maître Kreg, répondit Anne. Il n'y a pas eu d'autre victime. Tout le monde s'est dispersé. M. Pelsoth est resté avec vous, M. Vaïsed est revenu très vite et a organisé les soins. Un guérisseur s'est occupé de M. Mercolef et vous.
-Et vous aussi, vous êtes restée, je m'en souviens.
-Tu étais conscient, Ded?
-Oui, comme d'habitude, en fait. Comme quand je crée.
-Vous avez créé quelque chose de très inhabituel, maître. Vous avez transcrit un extrait d'un poème elporien.
-Ah bon? Mais oui! (Il regardait le carnet). Dans ma transe, j'avais pourtant l'impression de dessiner. Je voyais un lieu ensoleillé, entouré de pierres levées pointues disposées en cercle. Ca me venait par à-coups, toujours le même lieu, sous différents angles, de près, de loin, le matin, le soir, à différentes saisons (mais il faisait souvent beau, ça m'a marqué). J'avais l'impression de dessiner ce que j'apercevais. J'aimais ce lieu, il était apaisant, la lumière y jouait de mille façons. J'aurais voulu tout représenter, y compris les odeurs de terre, d'eau, les fluctuations des ombres, le bruit du vent, la caresse de la brise sur le bout de mes doigts écartés. Il y avait parfois des personnes, en prière ou en méditation, je ne sais pas, surtout des femmes. L'une d'entre elles, plus âgée, parlait parfois à la petite communauté dans une langue très chantante.
-Almalia Barlinolsi!
-Ah bon? Ma foi...
-Anne, vous avez peut-être beaucoup de culture, et des goûts communs avec notre architecte préféré, mais il ne faut pas trop extrapoler, non?
-Non non, Gam'Pel, Anne a sans doute raison. C'est très bizarre, troublant. Parfois je crois que je voyais par ses yeux. J'ai l'impression de la connaître... Et tout à coup j'ai assisté à une horreur, une horreur que j'ai ressentie au fin fond de mon corps. Rien que d'y penser... Non, je ne veux pas en parler, pas pour l'instant.
-Calme-toi, Ded, c'est juste un rêve.
-Non, ce n'est pas juste un rêve, bon sang, ce n'est pas un rêve du tout. Ce n'est jamais un rêve! Arrête de fuir la réalité: je suis hanté, possédé, un truc comme ça, il faut me soigner!
-...
-Et il y a eu d'autres images, d'autres sensations, que je ne peux pas raccrocher à tout ça. Comme d'habitude, c'était désordonné.
-Oui?
-Par exemple, j'ai encore vu ma soeur.
-Deldilia... D'autres souvenirs te sont revenus?
-Je ne sais pas, si ça se trouve je les invente...
-Que disait-elle?
-Elle disait 'l'étoile d'Arexhaï te donnera des vies et voudra t'en reprendre. N'aie pas peur d'elle, n'aie pas peur non plus de toi-même. Tourne en boucle sur toi-même les yeux ouverts.' Elle disait ça, maintenant je me rappelle, en racontant une histoire sur un chevalier perdu en forêt. Je prenais ça pour des formules pseudo-magiques enfantines. Tu te rappelles, Gam'Pel? J'avais dit au Professeur Delfuss que ma soeur avait parlé d'Arexhaï et qu'à cette époque je ne savais pas qu'Arexhaï existait. Ca y est, je commence à me souvenir! C'était un oracle qui disait ça au chevalier, mais Deldilia me regardait droit dans les yeux en jouant son rôle.
-Comment finissait l'histoire, maître Kreg?
-Je ne sais pas, je ne sais pas, JE NE SAIS PLUS, PAR LE POULPE!" Dedlar perdait complètement son sang-froid, il envoya danser le gobelet à travers la pièce.
C'est à cet instant que Vito Vaïsed déboula dans la chambre:
"Ah! Parfait, vous êtes réveillé. Habillez-vous. Dépêchons-nous, il faut retourner au chantier! Allez!"

2 commentaires:

Anonyme a dit…

Sapristi! Stonehenge !

Julie a dit…

Avec des pierres pointues? Ah oui, c'est vrai: ça ne change pas grand-chose... Mais patience, il y a quelques différences...