31.3.08

Nautodrome 41 - Dans le carnet

Merco Mercolef se tut de nouveau, désormais moins tremblant. Vito soupira:
"Je veux bien les planter, ces fameuses 'autres graines', mais maître Pelsoth a raison: le danger est plus important que prévu...
-Maître Kreg décidera de la suite à donner, fit Mme Sdapil. Il a la confiance de ses équipes. Moi-même je me rangerai à son avis. Je pense d'ailleurs qu'il ne cachera pas le risque et que chacun, sans préjudice, choisira en connaissance de cause.
-En connaissance de cause, en connaissance de cause, c'est bien gentil, Mme Sdapil, grogna M. Vinh-Truvio, mais on ne connaît finalement presque rien de cette affaire.
-Je vous expliquerai tout ce que je sais, dit Vaïsed. Mais pour l'instant...
-Pour l'instant notre architecte est dans les algues.
-Oui, mais il rayonne, croyez-moi..."

Les gribouillis de Dedlar Kreg s'étaient faits plus serrés. Il était maintenant évident qu'ils aboutiraient à des lettres d'ici quelques pages.
"Regardez, Gamaliel, murmura Anne: on dirait qu'en lui l'envie d'écrire combat la tendance au dessin.
-C'est vrai. Et elle est en train de gagner du terrain. Pourtant, d'habitude l'une n'empêche pas l'autre. Il a toujours annoté ses croquis. C'est même indispensable.
-Vous voulez dire qu'il est en train de travailler?
-De créer, plutôt. Oui, ça y ressemble. Enfin... Pas tout à fait. Et puis je ne comprends pas pourquoi ça le prendrait maintenant: le Nautodrome est bien défini, il n'y a que des détails à régler, mais c'est du ressort de Vinh-Truvio, Mercolef et moi... Et de vous aussi, bien entendu.
-Regardez: ça prend forme.
-Oui: 'Un... frère... ondin? ondin... jadis...'
-'Un frère ondin jadis écrivit tout sur elle/Sans jamais aborder à ses eaux torrentielles/Il voyagea, pourtant, il croisa des puissances/Mais la plus forte entre elles était dénuée de lance:/L'énergie des pensées de ses amis nouveaux,/Ceux qui créaient des ponts pour les esprits dévots.'
-Euh... En plus de manipuler le feu vous êtes aussi voyante? Il n'a même pas fini d'écrire le troisième vers!
-Non, je ne suis pas voyante et vous le savez bien!
-Oui, mais d'où sortez-vous tous deux cette citation? Vous savez, moi, la poésie...
-C'est la deuxième strophe du poème 'Le Pont' d'Almalia Barlinolsi.
-Jamais entendu parler!
-Sur le carnet, maître Dedlar l'a transcrit dans votre langue, ce n'est d'ailleurs pas tout à fait identique à ce que je vous ai dit, c'est normal...
-Vous vous débrouillez bien!
-Merci. C'est un poème elporien que je connais en version tramarélienne.
-Ah! C'est donc ça! Alors il nous a tenu en haleine avec un de ces textes qu'il lit en cachette pour se détendre. Pfff!
-Je crois que ce n'est pas aussi anodin que vous le croyez. Mais regardez: il a fini d'écrire la strophe, il se réveille!
-Eh ben! Ce n'est pas trop tôt!"

1 commentaire:

Siréneau a dit…

Ce frère ondin m'a tout l'air d'un sacré poisson :)