Le Grand Armorial de Tramarèl pesait lourd, de l'ordre de six kilos! Il comprenait un volume in-folio et une quinzaine de feuilles volantes en inserts. Le magasinier s'était montré très précautionneux, avait placé l'ouvrage ouvert sur des boudins de velours emplis de sable pour le caler. Evidemment, c'était probablement le document le plus demandé aux Archives: il servait aux vérifications héraldiques et généalogiques. Aussi l'établissement ne communiquait-il généralement qu'un fac-simile... mais les nobles de haute naissance jouissaient du privilège très envié d'accéder au livre lui-même.
Le plat de reliure représentait deux chevaliers à bouclier long, en armure de tournoi, couverts de symboles colorés tout comme leurs chevaux. A l'intérieur on trouvait pour moitié des textes manuscrits, pour moitié des images à la gouache qui débordaient sur les marges des feuilles de vélin, à grand renfort de panaches, crinières, épées à deux mains. Les feuilles volantes de quelques années plus tardives complétaient cette première 'édition' en guise d'addendum.
An'stice parcourut de plus en plus rapidement les pages même s'il était difficile de résister aux délices des blasonnements: "d'or à trois fougères de sinople", "d'azur aux trois fleurs de lys d'or accompagnées en cœur d'une salamandre couronnée aussi d'or vomissant des flammes de gueules, dans sa patience du même", "d'hermine, à la bordure de gueules"... Elle avait épuisé les chapitres dédiés aux armoiries des familles nobles de Tramarèl, elle ne trouvait maintenant pas davantage dans celles des provinces et des villes, ni dans celles des ecclésiastiques.
Elle dénicha enfin le motif dans un coin de l'une des dernières pages. Le Grand Armorial de Tramarèl se terminait par des 'Miscellanea' essentiellement composés des emblèmes de confréries. Elle vit d'abord seulement l'arbre entièrement vert, dans toute sa rondeur caractéristique, sur fond d'argent. Il lui sauta littéralement aux yeux.
La légende indiquait: "d'azur à l'holme de sinople" et mentionnait aussi un oursin de pourpre. Elle regarda un peu mieux et observa en effet une forme ronde à sept pointes au pied de l'arbre, donc au pied de l'holme. Elle l'avait d'abord prise pour une tache. L'armorial associait ce blason à l'Ordre des Hydradelphes, sans autre explication. Elle se rappela que la couleur pourpre était extrêmement rare en héraldique car difficile à fabriquer et, pour cette raison, synonyme d'ésotérisme comme dans les Tarots.
Un petit tour à la Bibliothèque royale s'avérait nécessaire, trop d'éléments demeuraient obscurs: les Hydradelphes, l'holme, l'oursin... et surtout elle se prenait au jeu!
Le plat de reliure représentait deux chevaliers à bouclier long, en armure de tournoi, couverts de symboles colorés tout comme leurs chevaux. A l'intérieur on trouvait pour moitié des textes manuscrits, pour moitié des images à la gouache qui débordaient sur les marges des feuilles de vélin, à grand renfort de panaches, crinières, épées à deux mains. Les feuilles volantes de quelques années plus tardives complétaient cette première 'édition' en guise d'addendum.
An'stice parcourut de plus en plus rapidement les pages même s'il était difficile de résister aux délices des blasonnements: "d'or à trois fougères de sinople", "d'azur aux trois fleurs de lys d'or accompagnées en cœur d'une salamandre couronnée aussi d'or vomissant des flammes de gueules, dans sa patience du même", "d'hermine, à la bordure de gueules"... Elle avait épuisé les chapitres dédiés aux armoiries des familles nobles de Tramarèl, elle ne trouvait maintenant pas davantage dans celles des provinces et des villes, ni dans celles des ecclésiastiques.
Elle dénicha enfin le motif dans un coin de l'une des dernières pages. Le Grand Armorial de Tramarèl se terminait par des 'Miscellanea' essentiellement composés des emblèmes de confréries. Elle vit d'abord seulement l'arbre entièrement vert, dans toute sa rondeur caractéristique, sur fond d'argent. Il lui sauta littéralement aux yeux.
La légende indiquait: "d'azur à l'holme de sinople" et mentionnait aussi un oursin de pourpre. Elle regarda un peu mieux et observa en effet une forme ronde à sept pointes au pied de l'arbre, donc au pied de l'holme. Elle l'avait d'abord prise pour une tache. L'armorial associait ce blason à l'Ordre des Hydradelphes, sans autre explication. Elle se rappela que la couleur pourpre était extrêmement rare en héraldique car difficile à fabriquer et, pour cette raison, synonyme d'ésotérisme comme dans les Tarots.
Un petit tour à la Bibliothèque royale s'avérait nécessaire, trop d'éléments demeuraient obscurs: les Hydradelphes, l'holme, l'oursin... et surtout elle se prenait au jeu!

2 commentaires:
Là par exemple, c'est jubilatoire :)
Nous aussi, on se prend définitivement au jeu !
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