"Fr." signifiait "Frère". Palus Persis'tanter était son nom religieux. Il portait initialement le nom de Palan Tarkel, était né dans le Pays de Kau, voyageait un peu partout sur le continent dans une quête éperdue de sagesse en vivant de travaux saisonniers. Il s'était installé à trente-deux ans dans le centre du futur royaume de Tramarèl (à l'époque le Pays de Kau et le royaume qui allait s'appeler plus tard Tramarèl était un seul et même Etat). Cette période de sa vie correspondait au début de la cinquième phase, une phase 'liquide' selon les critères hydradelphiens, celle de la remise en question constructive. Il rencontra justement les derniers des Hydradelphes, qui s'étaient repliés au coeur du pays et avaient développé une pensée de plus en plus philosophique et de plus en plus hermétique. Ceux-ci le reconnurent comme l'un des leurs, à certaines attitudes, certaines opinions. Ils virent en lui leur futur fer de lance, un homme qui avait trouvé spontanément ce qu'eux obtenaient par initiation. Ils le formèrent. Il mit alors par écrit les grands principes de la secte dont il pressentait la disparition prochaine. Il ne restait désormais de tout son travail que les Prolegomini et ceux-ci étaient les derniers textes connus de tout le corpus hydradelphien.
La biographie le présentait comme un religieux sobre, chaste et modeste, sans enfants, travailleur acharné, 'honnête homme' avant l'heure, féru d'astronomie, d'astrologie, d'alchimie, de géométrie et de botanique. Il lui arrivait de passer deux jours entiers en pleine méditation, sans manger ni boire. Il décéda de vieillesse paisiblement, en n'ayant jamais plus voyagé.
Ceci n'expliquait pas la présence de l'holme sur la gravure, hormis son appartenance à la secte.
Mais An'stice eut un éclair d'inspiration: elle ouvrit un dictionnaire de tramarélien ancien. Le mot 'Holme' figurait bien dedans et sa traduction en langage moderne était 'Ulme'. Elle poussa un grand soupir de soulagement et retourna dans l'index de l'encyclopédie biologique. L'article sur l'ulme tenait en quelques lignes, mais c'était déjà ça.
L'ulme poussait autrefois dans les confins méridionaux de l'Elporie. A la fin des Temps barbares, des voyageurs en avaient emporté des jeunes pousses dans les forêts des alentours d'Elmin'talss, pour "des raisons religieuses". Malheureusement, une maladie avaient anéanti les ulmaies du monde entier quelques siècles plus tard. Paradoxalement, l'ulme se caractérisait par sa vivacité: il croissait rapidement.
Même sous cette orthographe il était absent du dictionnaire de symboles.
An'stice vit que la nuit allait tomber et qu'elle avait fait le tour des ressources disponibles. Elle avait encore de nombreuses questions pratiques à régler pour le lendemain, le jour de son retour à Caltyl. Aussi se résolut-elle à rendre les ouvrages.
Elle remercia la demoiselle à lunettes qui, une deuxième fois, releva le nez de son calepin pesamment avant de la saluer aimablement après l'avoir reconnue. La duchesse aperçut distinctement des lignes d'écriture sur le carnet, avec diverses ratures, qui avaient tout l'air de notes pour un récit.
En quittant les lieux elle se demanda comment pouvait se dérouler la vie quotidienne d'une petite fonctionnaire de la Couronne: un travail régulier sans suprises, des trajets longs pour rentrer vivre en périphérie de la capitale où les loyers étaient moins chers, des canaris à nourrir à la maison, un roman jamais fini, toujours en instance, pour échapper à la routine. La belle vie?
La biographie le présentait comme un religieux sobre, chaste et modeste, sans enfants, travailleur acharné, 'honnête homme' avant l'heure, féru d'astronomie, d'astrologie, d'alchimie, de géométrie et de botanique. Il lui arrivait de passer deux jours entiers en pleine méditation, sans manger ni boire. Il décéda de vieillesse paisiblement, en n'ayant jamais plus voyagé.
Ceci n'expliquait pas la présence de l'holme sur la gravure, hormis son appartenance à la secte.
Mais An'stice eut un éclair d'inspiration: elle ouvrit un dictionnaire de tramarélien ancien. Le mot 'Holme' figurait bien dedans et sa traduction en langage moderne était 'Ulme'. Elle poussa un grand soupir de soulagement et retourna dans l'index de l'encyclopédie biologique. L'article sur l'ulme tenait en quelques lignes, mais c'était déjà ça.
L'ulme poussait autrefois dans les confins méridionaux de l'Elporie. A la fin des Temps barbares, des voyageurs en avaient emporté des jeunes pousses dans les forêts des alentours d'Elmin'talss, pour "des raisons religieuses". Malheureusement, une maladie avaient anéanti les ulmaies du monde entier quelques siècles plus tard. Paradoxalement, l'ulme se caractérisait par sa vivacité: il croissait rapidement.
Même sous cette orthographe il était absent du dictionnaire de symboles.
An'stice vit que la nuit allait tomber et qu'elle avait fait le tour des ressources disponibles. Elle avait encore de nombreuses questions pratiques à régler pour le lendemain, le jour de son retour à Caltyl. Aussi se résolut-elle à rendre les ouvrages.
Elle remercia la demoiselle à lunettes qui, une deuxième fois, releva le nez de son calepin pesamment avant de la saluer aimablement après l'avoir reconnue. La duchesse aperçut distinctement des lignes d'écriture sur le carnet, avec diverses ratures, qui avaient tout l'air de notes pour un récit.
En quittant les lieux elle se demanda comment pouvait se dérouler la vie quotidienne d'une petite fonctionnaire de la Couronne: un travail régulier sans suprises, des trajets longs pour rentrer vivre en périphérie de la capitale où les loyers étaient moins chers, des canaris à nourrir à la maison, un roman jamais fini, toujours en instance, pour échapper à la routine. La belle vie?

2 commentaires:
J'aime bien cet agent d'accueil, moi !
Moi aussi je ne les verrai plus jamais du même oeil de merlan frit.
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