18.4.08

Nautodrome 51 - La visite du ministre

Dedlar prit dix minutes pour faire une rapide toilette et s'habiller. Tant pis il se raserait plus tard. Il descendit l'escalier et avant même de saluer le Grand Conseiller, commanda un petit déjeuner costaud à l'aubergiste.
"M. le Grand Conseiller, dit-il en s'installant à côté de Farrigkson, qui sirotait un deuxième thé, je suis flatté que vous vous déplaciez en personne.
-C'est bien normal, surtout à Arexhaï dont la situation est si particulière. Vous êtes-vous bien remis des événements d'hier? Comment va le savant?
-Je vous remercie. M. Mercolef a besoin de se reposer. Nous ne savons guère pour l'instant s'il va pouvoir recouvrer toutes ses capacités intellectuelles et sa mémoire.
-C'est bien regrettable. Croyez que nous allons faire le nécessaire. Il me semble que vous avez déjà reçu la visite de la police arexhaïte?
-En effet. Ce dont nous avons besoin, c'est d'une protection.
-Je le comprends bien. Nous allons mettre en place des agents discrets, dès que possible.
-Discrets... discrets? J'aurais cru qu'il y en avait déjà...
-Oui, enfin... des agents visibles et dissuasifs qui ne gêneront pas la bonne marche du chantier. Nous allons mettre cela en place en coordination avec le Royaume de Tramarèl.
-Ah, d'accord. Merci, M. le Grand Conseiller.
-Je vous en prie. D'autre part, je tiens à vous dire que Mademoiselle Smyss n'est pas la personne que vous croyez. Son véritable nom est An'stice de Tram'Barry, elle oeuvre au Service d'Intelligence du royaume de Tramarèl et vous espionne depuis le début.
-Ah bon.
-C'est tout ce que cela vous fait?
-Non, j'ajoute que c'est joli, An'stice. Et puis je savais que c'était une espionne, sans savoir son nom.
-Ne craignez-vous pas cette surveillance? demanda le ministre, manifestement estomaqué.
-Non. A priori vous surveillez aussi notre chantier. Nous travaillons sur un lieu sous double souveraineté, Tramarèl a le même droit que vous à ce genre de contrôle. Je n'ai rien à cacher.
-Rien à cacher? Pourquoi ranger vos plans dans le coffre-fort, dans ces conditions?
-Je vois, vous tenez de bonnes informations. J'abrite mes plans à juste titre, la preuve en est la double agression d'hier. Je ne cache pas, je protège.
-Vous jouez sur les mots.
-Pas du tout. J'aimerais bien, mais ce n'est pas mon fort. Gamaliel est meilleur à ce jeu. Autre chose, M. le Grand Conseiller: à tout hasard savez-vous ce qui a poussé cette personne à nous attaquer? Que représente le Nautodrome aux yeux de ses adversaires, quels qu'ils soient?
-Il faudrait demander à votre commanditaire, maître Kreg, dit Farringkson d'un air allusif. Pour l'instant nous en sommes au début, n'est-ce pas? Qui sait ce qui peut se tramer dans les esprits perturbés? Les grands projets attirent l'attention, que voulez-vous?
-Si vous même vous ne savez pas...
-Nous enquêtons, maître, nous enquêtons", répondit le Grand Conseiller, légèrement agacé.
Ils conclurent rapidement puis Dedlar remonta finir sa toilette. Rehinard Farringkson attendit l'arrivée de Vito Vaïsed pour l'assurer de ses efforts pour résoudre le problème, puis s'en alla.
Une fois le ministre parti et Dedlar redescendu, Vito ne put s'empêcher d'ironiser, dans sa barbe:
"Quelle bonne surprise! J'ai le moyen de lui clouer le bec!" Dedlar le regarda, intrigué.

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