Sizaine exposa à Verglas le danger qui s’annonçait. Il n’était pas tellement inquiet, parce qu’il en avait vu de belles dans sa vie. La Terre avait connu bien des accidents, et elle était toujours là. Il se mit à radoter en ressassant les chutes de météores et les séismes qui avaient créé de tels chocs que l’axe de rotation de la planète en avait été modifié. Il répétait: « Un petit déménagement, ce n’est pas grand-chose… » et semblait s’endormir.
Sizaine sentait l’angoisse monter en elle. Dans cette matinée de printemps qui n’en finissait pas, dans ce paysage infini lui aussi, le sentiment d’urgence était comme décalé et d’autant plus paniquant. Et Verglas avait repris son patinage en marmonnant, les mains jointes dans le dos, tranquillement.
Sizaine prit sur elle et l’apostropha:
« Monsieur Verglas! Il s’interrompit, l’air intrigué, comme réveillé à peine d’une sieste:
- Oui? Qui êtes-vous?
- Oh non, monsieur Verglas, faites un effort, je viens de vous parler!
- Ah euh?… Oh! je ne vous ai pas reconnue. L’autre fois vous m’avez parlé d’une catastrophe. Comment cela s’est-il passé, finalement?
- L’autre fois, c’était il y a deux minutes, monsieur Verglas.
- Ah bon? Bon bon bon… En quoi puis-je vous être utile?
- Je voudrais demander conseil au plus âgé d’entre nous, au nipalichom du centre. Mais je ne sais pas trop comment y aller. Je sais circuler à la surface de la Terre, mais pas dedans.
- Ah tiens. Vous voulez voir Papa?
- Euh, ah?
- Oui, c’est notre père, mais je ne crois pas qu’il vous sera utile, même si on dit que l’ancienneté donne la sagesse. Enfin, c’est vous qui verrez. »
Verglas expliqua la technique qu’ils utilisaient, son frère et lui, pour descendre voir leur père. En fait c’était assez simple. Sizaine nota tout dans son carnet.
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