2.5.14

Sizaine - 8

Sizaine et Jorény discutèrent assez longtemps du projet d’aller voir l’un des nipalichoms centraux. Pour se sentir plus à l’aise, ils avaient sauté sur une charrette qui passait sur le chemin. Ils n’en savaient pas la destination, mais ça leur était égal puisque là où ils allaient il y aurait forcément des humains, et donc des artefacts rotatifs. Pour l’instant ils profitaient tranquillement des roues de la charrette, complètement ignorés, invisibles, du conducteur. C’était un jeune homme dégingandé qui chantonnait très faux des airs à boire en sautant d’une chanson à une autre parce qu’il n’en connaissait aucune en entier. Il était loin de se douter que le salut du monde faisait débat à vingt centimètres de lui sur la banquette.
Jorény estimait que puisque c’était la Terre qui était en danger, il fallait demander conseil au nipalichom central de la planète, celui qui accompagnait la rotation de la Terre sur elle-même et sa révolution autour du Soleil.
Sizaine penchait pour une prise de recul, au sens propre: elle comptait rendre visite au nipalichom de la Lune… ou même celui du Soleil, pourquoi pas? Les distances ne comptaient pas pour les nipalichoms, il leur suffisait de savoir où il voulait se rendre, de prendre quelques précautions en termes d’habillement (parce qu’ils sentaient la chaleur au-delà de 5000°c et la froidure en-dessous de -100°c, au-delà de ces limites il leur fallait éventuellement une petite protection, par exemple un cache-col et des moufles s’ils pensaient se rendre dans l’espace). Et bien sûr ce qui leur était difficile, voire impossible sur de longues distances, était de parcourir des lignes droites. Mais en quelques minutes, à coups de trajets paraboliques, ils pouvaient dépasser la vitesse de la lumière et atteindre des éloignements incompréhensibles aux physiciens humains de cette époque. Sans compter qu’ils n’avait pas besoin de respirer. Pas trop.
C’était une vie bien confortable que la vie de nipalichom. A condition qu’on ne tue pas leur environnement!
Sizaine accepta finalement la proposition de Jorény: aller voir le nipalichom du centre terrestre, mais en commençant par aller consulter d’abord l’un des polaires. Ils jouèrent à pile ou face pour savoir si Sizaine irait au Nord ou au Sud.
C’était Sizaine seule qui se chargerait de cette expédition: Jorény devait rentrer dans leur village d’attache pour alerter les sages.

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