19.5.14

Sizaine - 17

Sizaine fit une petite sieste sur une petite colline qui surmontait le méandre d’une rivière, bercée par le bruit du courant autour d’elle. Ensuite elle se rendit au rendez-vous. Elle appréhendait un peu les retrouvailles avec Grévil, à cause des effets sur sa santé. En revanche elle avait hâte de revoir Jorény. Elle ne savait pas où ils allaient, tous les deux, mais ils y allaient et elle était ravie de découvrir en lui quelqu’un de plus énergique qu’elle ne croyait. Certes, il s’agissait de sauver la planète, après tout. Cette pensée était si énorme qu’elle lui échappait parfois. Cela paraissait incroyable.
Jorény était déjà là, il rougit même un peu en la voyant. Il tenait fièrement à la verticale une longue tige de noisetier, qui portait quelques feuilles et ployait sous son propre poids. Elle mesurait environ trois coudées humaines. Sizaine pencha la tête interrogativement:
« Tu vas voir, Sizaine, c’est tellement simple que même les snelts n’ont pas l’air d’y avoir songé! C’est le sage Apoli qui me l’a conseillé et nous allons vérifier bientôt si ce moyen de communication est efficace. Ça va, toi? »
Sizaine aurait voulu comprendre, mais elle voyait bien que Jorény ménageait son effet. Alors elle lui raconta ce qu’elle avait vu et compris. Il était bouche bée.
Assis sur une souche ils attendirent longuement Grévil, et cela leur parut étrange mais sans surprise de le voir arriver de plus au plus ralenti. Puis Jorény se leva avec son rameau et se dirigea vers le snelt en lui faisant signe. Grévil eut l’air de méditer de longues minutes, mais ce devaient être deux ou trois secondes pour lui. Il saisit le bout de tige tendu vers lui. Instantanément, Grévil et Jorény furent synchronisés. Jorény invita Sizaine à tenir également la branchette, de son côté.
« Voilà, nous pouvons parler, monsieur Grévil. Je me présente: je m’appelle Jorény et je suis l’am… je suis un ami de Sizaine. Je sais que nous sommes parfaitement ridicules dans cette situation, mais un sage de notre village m’a conseillé cette technique pour que nous soyons tous trois en phase avec un objet neutre, qui oblige notre cerveau à rester dans notre vraie temprol… temporalité à chacun, mais sans entrer en contact direct pour éviter de tomber malades. Ouf, ça fonctionne! »
Sizaine ne l’avait jamais entendu parler autant à la suite.

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