27.4.06

Encore une porte

La lourde porte en chêne se composait de deux panneaux superposés comme pour un box de cheval.
Si l'on n'ouvrait que le panneau supérieur on était saisi par l'odeur de cigare, de cire et de renfermé, avant même de commencer à distinguer dans la pénombre des étagères surchargées de livres et d'objets biscornus.
Si l'on ouvrait seulement le vantail inférieur, une forte humidité s'engouffrait immédiatement. Sur le seuil, la boue scintillait sous une lumière matinale, autour de quelques brins d'herbe et d'escargots. Au-delà, une brume masquait un paysage sans doute champêtre.
Une troisième possibilité s'offrait naturellement: ouvrir la porte en grand. Mais cela ne paraissait pas souhaitable, du moins pour le moment.

A bien y regarder, on finissait par remarquer des défauts, des marques du temps sur la porte. Par endroit, surtout vers le milieu au raccord des deux moitiés, elle était même franchement vermoulue.
Et si jamais l'on pensait à s'approcher de ces peu ragoûtants trous de ver, alors là, là... là on était aspiré dans un tout autre monde.

Encore fallait-il mesurer deux millimètres de long.

2 commentaires:

Anonyme a dit…

Content d'avoir été à l'origine de ce billet... Je reconnais ce marteau de porte, et la photo, prise grâce à un portable. Il serait malséant de donner plus de détails sur tout ceci, mais je suis heureux de lire ce texte étrange et d'une grande qualité. Bisous !

Julie a dit…

Bonjour El,
Si tu reconnais le marteau c'est donc que la porte existe, en effet.
D'ailleurs tu m'as envoyé de bien belles images de ce que l'on peut trouver au-delà et je t'en remercie.