L'amer pour l'homme, l'isolement pour la femme? Serait-ce encore un de ces clivages, un écueil de la pensée? N'est-ce pas simplement un %£$ de préjugé vieux comme le monde mais pas si difficile que ça à dépasser, surtout si on prend enfin en compte les diverses nuances intermédiaires?J'ai reçu hier un de ces diaporamas-gags qui foisonnent sur le Net. C'était l'histoire d'une femme qui venait d'accoucher.
Le médecin, l'air gêné annonce à la femme que l'enfant est en parfaite santé mais un tout petit peu spécial. Avec beaucoup de précautions, il lui explique que tout simplement le bébé est hermaphrodite. Et la femme de répondre: "Oh mon Dieu! Docteur, vous voulez dire qu'il a un pénis ET un cerveau?"
Bon, oui c'est sexiste.
Charybde et Scylla, Calypso, les sirènes, Circé, tout ce petit monde féminin est une sacrée engeance! On pourrait crier à la discrimination envers les femmes (oui, mais alors et Pénélope et Nausicaä? de gentilles incarnations de la Maman?). [C'est sûr que cela serait vraiment vraiment vraiment anachronique.] D'un autre côté, on pourrait répondre platement qu'Ulysse, de tout son équipage, est bel et bien le seul homme pourvu d'un intellect en état de fonctionner et que parmi les monstres de l'Odyssée se trouve le viril Polyphème, un adversaire de poids, lui aussi.
C'est intéressant, ça au fait: c'est la rencontre avec Polyphème, montagne de muscles à la perception limitée (un oeil fermé et tout son monde s'efface) qui bascule Ulysse dans l'anonymat. Mais plus loin les sirènes, volantes omniscientes, le reconnaissent pour ce qu'il est: pas folles les guêpes!
Cette dualité me paraît bien pesante parfois.
Vivent les trans, les hermaphrodites, les intersexes, les asexués, les sans-genre, les 3è sexes, les queer et tutti quanti, toutes les couleurs!
Iris, messagère arc-en-ciel reliant le Ciel et la Terre, image même de la conciliation entre les "opposés", était de la famille d'Océan.
Et surtout Hermaphrodite était fils de la déesse de l'amour et du dieu de la communication: tout un programme!
Image: Ulysse et Calypso, Arnold Böcklin (1883), Kunstmuseum de Bâle, prélevée sur mediterranees.net.

16 commentaires:
Patrocle est moins viril qu'Achille. Circé et Nausicaä n'aiment pas de la même manière, les tempéraments sont aux antipodes, les nuances qui te sont chères déjà représentées il y a 3000 ans. Je ne prendrais pas la littérature grecque et la mythologie comme sources du sexisme, bien au contraire, mais plutôt l'influence des religions monothéistes et leur
"croissez multipliez-vous"?
Merci pour ce billet, je rejoins ton point de vue, enfin, il reste le clivage droitier/gaucher :)
Oui Siréneau, c'est bien vrai, mais il y a les ambidextres!
Une question: Patrocle paraissait-il moins viril qu'Achille aux Grecs de l'antiquité?
Je te vois bien dans le rôle de Socrate cherchant à me faire accoucher d'une connaissance que je ne possède pas cher Loupil :D Rusé(e) sera qui pondra un essai là-dessus, et je vais de ce pas relire mes classiques.
Mais je veux bien prendre le risque de dialoguer avec toi sur ce sujet, si d'autres nous rejoignent tant mieux!
J'ai le sentiment que dans l'Iliade, le paraître compte bien moins que la filiation, et si dieu ou déesse y a participé, cela fait toute la différence,Thétis, entre Achille et Patrocle.
Cependant, le discours, le logos, plus rare que les nombreuses énumérations, est mis en valeur de ce fait, celui que tient Ulysse à Athéna lorsque celle-ci se moque d'Ajax devenu fou en est un exemple très fort, en plein récit guerrier, c'est la clémence, l'empathie et l'humanité qui l'emportent, pas la virilité.
et les statues d'Hermaphrodite (à vrai dire je pense à une, dormant au Louvre) sont belles. Ceci dit toute la pensée, les décisions et réussites éventuelles d'Ulysse lui viennent d'Athéna qui se revendique féminine.
Quant à l'amitié des héros grecs, quel est celui qui représente la virilité ?
La virilité est une notion toute relative. Poivert est souvent plus virile que la plupart des hommes hi hi hi !
Et la complexité est tellement plus intéressante...
Poivert est gauchère pour écrire, mais plutôt ambidextre pour dessiner. Donc, Siréneau, je rejoins Renard, la réalité est rarement bipolaire.
Poivert est Personne, une ou un, peu importe... Et nihil, car création du Moi qui se cache derrière.
Je suis dans la frustration: je vous lis mais je travaille, pas possible de penser (penser et travailler: incompatible!). A plus!
Euh... ça dépend pour qui, je bosse aussi (Poivert vantarde, en pause déjeuner, et qui vient vérifier que yipi, son commentaire est enregistré)
Yipi! C'est un joli cri, ça fait un peu renardeau.
Je valide les commentaires quand je les lis, donc ça peu prendre un peu de retard. Ils sont toujours bienvenus (sauf cas de message illégal ou de spam, évidemment) ;o))
Je suis ambidextre, qui suis-je donc ?
Non, tu n'y es pas... Il y a eu un problème technique sur Blogger, ce matin. Les commentaires n'apparaissaient pas comme enregistrés.
Mariel: vous êtes Mariel, vous êtes Ariel, Riel, Iel, El (ah non lui c'est quelqu'un d'autre), L, Elle, leiraM, Marie-L... C'est chouette d'être ambidextre, n'est-ce pas? Malheureusement je ne le suis que pour le ping-pong.
Je comprends mieux, Miss Poivert (toi qui sais d'où j'appelle... help!!!), ok d'acc. Sacré Blogger!
[Spécialement pour Brigetoun et Siréneau]
Ma vision de la Grèce est certainement trop "attique" et j'ai eu tendance à projeter le "machisme" des Athéniens classiques sur ce pauvre Homère qui n'avait rien demandé.
C'est tout à fait vrai qu'Athéna est la figure féminine dominante et ultrapuissante dans l'épopée. Il n'empêche que c'est une déesse à la féminité toute particulière: vierge et armée.
J'ai du mal à imaginer "la clémence, l'empathie et l'humanité" comme purement féminines et j'aimerais y voir des composantes, aussi, de la virilité. Mais c'est peut-être un voeu pieux, Siréneau, indépendamment du fait que quelques hommes en sont pourvus.
Un de mes films cultes : "Priscilla folle du désert" de Stephan Elliott. Déjanté, décalé, désabusé mais engagé et follement esthétique, un hommage à la différence !
"Priscilla" est aussi un grand voyage, en somme. Je l'adore, bien sûr pas autant que "Certains l'aiment chaud", mais en plus de tout c'est un magnifique film sur la solidarité, avec Abba en prime! Merci d'en parler, je n'y pensais plus et c'est bien dommage.
Oui évidemment Freudine, Priscilla en hommage à la différence, "Certains l'aiment chaud" reste tout de même un peu consensuel, tout comme Victor Victoria! Pour casser vraiment les clivages, Fassbinder me paraissait réellement engagé, et surtout maintenant Almodovar!
Par rapport à Homère, la femme puissante et sage, incarnée par Athena, ne pouvait être qu'une déesse.
Dans la réalité, il faut dire que l'Antiquité avait une vision... intéressante des relations hommes-femmes.
Ah, Aristote, et sa si instructive distinction forme/matière, adaptée à la biologie (la femme qui donne la matière brute du bébé / l'homme qui donne la forme qui va "informer" la matière pour donner l'enfant)... Tout une époque.
Oui, mais Tony Curtis, quand même, il est drôle dans Certains l'aiment chaud, même si le propos est en effet un gros brin consensuel...
Almodovar a une toute autre manière d'aborder le travestisme et la transsexualité, dans la douleur. J'aime beaucoup... Et c'est vrai que Gabriel Garcia Bernal en jupette, ça vaut le détour !
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