15.4.06

Torn (déchirée)

That’s what’s going on, nothing’s fine I’m torn
I’m all out of faith, this is how I feel
I’m cold and I am shamed lying naked on the floor
Illusion never changed into something real
I’m wide awake and I can see the perfect sky is torn
You’re a little late, I’m already torn *


Natalie Imbruglia, refrain de Torn, album Left of the middle, 1998

Cette chanson est pour moi totalement reliée au film Ce que je sais d'elle d'un simple regard (Things You Can Tell Just by Looking at Her) puisqu'on l'entendait tout au long de la bande-annonce.

Le film, 1er long-métrage de Rodrigo Garcia (également scénariste du Frida avec Salma Hayek), fonctionne comme Short cuts d'Altman: on suit des vies entrecroisées, on les aperçoit. Il s'agit uniquement de destins de femmes, quoiqu'ils se répercutent autour d'elles.
Deuil, sacrifice, solitude, mélancolie, tout ça donne un film lent, "mélo" ou "sentimental" ont dit certains (pas d'accord, c'est tout en retenue), mais aussi un film constructif, encourageant. C'est encore une oeuvre pour les méditatifs/ives.
Contrairement à ce que peut laisser penser l'affiche, ces femmes sont au nombre de six, ce qui est passablement injuste pour l'invisible Kathy Baker (bien sûr mettre G.Close, C.Diaz et C.Flockhart était plus vendeur...), fascinante dans son rôle de mère célibataire qui rencontre un homme "différent" (comme on dit dans les films) et doit lutter contre ses préjugés, encouragée par son fils préadolescent.

I don't care, I have no luck, I don't miss it all that much** (Torn, encore)

* En résumé: elle dit qu'il arrive un peu trop tard, qu'elle est désespérée, "déchirée" (torn), qu'elle a froid et honte. Bon évidemment ça paraît dur comme ça mais la mélodie est entraînante.
** Je m'en moque, je n'ai pas de chance et ça ne me manque pas tant que ça.

6 commentaires:

Siréneau a dit…

Et Valéria Golino! Elle n'est pas non plus sur l'affiche? Mais on les voit ces deux-là dans le film n'est ce pas? Un homme différent, comme dans "la comtesse aux pieds nus" ou bien comme dans "une journée particulière" de Scola? Je vais chercher ce film en dvd :)

Audrey H. a dit…

*ça ne me manque pas tant que ça*, ça va jusqu'à un certain point, mais au-delà on dit stop! Enfin je me comprends.

Bon week-end à toi le Loupil,

Julie a dit…

J'ai oublié de préciser: cet "homme différent" ne l'est que par sa taille, largement inférieure à la moyenne.

Eeeeh oui, Valeria Golino figure aussi dans la distribution, je l'ai occultée bêtement peut-être par pudeur puisqu'elle joue une jeune mourante. On la "voit" par l'intermédiaire de sa compagne interprétée par Calista Flockhart.

Je précise, à propos de voir, que Cameron Diaz joue une aveugle bonne vivante tandis que sa soeur (Amy Brenneman), policière, se dévoue pour elle et néglige son propre bonheur. Ca explique le regard perdu de l'actrice.

Chacun a sa vision de la chance, c'est trrrrrès individuel. Je considère qu'il ne faut pas attendre d'avoir de la chance pour avoir de la volonté, et c'est pour cela que j'aime bien cette citation particulière.

Brigetoun a dit…

volonté ou résignation ? mon retard en cinéma est abyssal, et je n'ai pas trouvé de loueurs ou préteurs de dvd ; me faut les acheter, en outre j'ai encore le réflexe film = salle, mais vous me faites envie

Anonyme a dit…

Je n'ai pas vu le film, j'ai donc peut-être mal compris, même sio on pourrait arguer que chacun trouve ce qu'il veut dans un texte donné sans considération de ce qu'y a mis l'auteur... Mais les paroles de cette chanson me font tout de suite penser à certaines victimes de viol et à leur état d'esprit dans leurs relations subséquentes : "tu arrives un peu tard, je suis déjà déchirée... Je m'en fiche (soi-disant) et ça ne me manque pas trop de toutes façons (le sexe dont j'ai mainntenant peur/honte)..."
C'est dur, quand même. Mais au moins, c'est clair que ça mérite d'être chanté.

Julie a dit…

Bon retour à toi, El!
Oui, je suis trop optimiste avec cette chanson... Si la musique dément les paroles, ce n'est peut-être pas pour signifier une grande joie. Déjà la chanson de Suzanne Vega "My name is Luca", sans être dansante, n'avait tout de même pas une mélodie très sinistre. Et on peut aussi penser à "Marcia Baila" de Rita Mitsouko, là franchement tagadatsointsoin alors que les paroles... non.
En tout cas, ce qui est sûr, c'est qu'il est question de trahison de la part d'un homme qu'elle connaît.
Pour ce qui est du film, on est proche du "cas" des personnages incarnés par Holly Hunter et Glen Close.