3.4.06

Jeu de Go

Ce soir, on reste un peu, encore, avec Georges Perec.
Mais cette fois c'est pour saluer un opuscule qu'il a rédigé avec Jacques Roubaud et Pierre Lusson en 1969 chez Bourgois et qui, fort heureusement, a été réédité plusieurs fois.


Le Petit traité invitant à la découverte de l'art subtil du Go est un pousse-au-crime: après l'avoir lu, on ne peut plus regarder un échiquier sans frémir!

Le jeu de go est en effet l'inverse du jeu d'échecs, et c'est ce que les trois auteurs s'amusent à démontrer, avec humour et force arguments: les pierres (pions) ne se déplacent pas, elles se posent et restent à leur place jusqu'à ce qu'elles soient prises (éventuellement); elles sont toutes égales; il n'y a pas de direction avant/arrière.
Et pourtant, pour qui a réussi à suivre la partie racontée dans Le Maître ou le tournoi de go de Kawabata, il n'y a pas d'ambiguïté: c'est la guerre! Une guerre polie ("bonne partie" avant, "merci pour la partie" après); mais une guerre acharnée, une guerre d'usure.

En 1969, opposer le go au jeu d'échecs était quasi indispensable: il fallait une image claire, alors qu'en France on découvrait tout juste ce jeu vieux comme le monde. Heureusement on n'en est plus là.

En tout cas, comme ces trois messieurs le soulignent, parmi tous les avantages du go il en est un qui va intéresser les tricheurs honnêtes: on peut jouer au go contre un adversaire beaucoup plus avancé que soi, grâce à un système de handicap (une avance de points, disons).
Euh, c'est pour "l'égalité des chances", hum.

Joyeux anniversaire à celle qui se reconnaîtra facilement! ;o)

9 commentaires:

Siréneau a dit…

Bonjour Loupil!
Le Go, c'est le grand frère de Reversi Othello etc? Ceux-là existent sur Palm :))

Julie a dit…

Bonjour Siréneau!

L'Othello alias le Reversi arbore la même allure zen, en effet, et on y retrouve le principe de l'enfermement. On conserve dans les deux jeux, quand les partenaires jouent bien, le suspens jusqu'au bout, ce qui, je crois, est plus rare aux Echecs.

Mais l'Othello est plus coquin que le Go en ce sens que les pions peuvent y retourner leur veste s'ils sont enfermés correctement. Au Go les pierres cernées par l'adversaire sont définitivement "prisonnières" (ou "mortes") et retirées du Goban. La question qui se pose au cours d'une partie de Go est surtout de savoir qui enferme qui, dans un enlacement... plutôt musclé.

Dès que j'ai eu mon Palm, j'ai évidemment chargé trois programmes de Go. J'en ai trouvé sur freewarepalm.com (attention: certains logiciels buggent pas mal).
J'accepte beaucoup plus facilement de perdre au Go qu'à l'Othello, la victoire othellienne étant souvent brutale et écrasante. Mais dans tous les cas...

Julie a dit…

... dans tous les cas je ne suis pas une flèche! %o)

Brigetoun a dit…

fascinée par le go mais rétive à tous les jeux, trop lente parce que traqueuse. J'ai loupé le Pérec et aimé le Kurabata comme presque tout ce qu'il a écrit.

Julie a dit…

Le go est un outil pour les économistes libéraux qui y apprennent des stratégies d'invasion de marchés, puisqu'au go il s'agit de conquérir des territoires.
Au go, Brigetoun, on prend tout son temps, ça vaut le coup vraiment!
(Oui, bon je fais un peu trop de prosélytisme...)

Anonyme a dit…

J'aime votre façon de parler du "jeu" le renard, entre l'art de la séduction et l'instinct guerrier. Mais l'image de la mante religieuse me vient à l'esprit à propos du jeu de Go...

Audrey H. a dit…

Tiens justement (hi hi), y a-til des parties avec gage comme aux échecs?

Julie a dit…

Pourquoi pas? Je pense que oui.
En plus il est rigoureusement impossible de faire pat, sauf dans des cas absolument exceptionnels, non conformes aux règles des tournois.

Holly Golightly a dit…

Voilà un billet qui me donne des idées !!!!