5.8.06

Fer noir

Le vrombissement s'estompa au bout de quelques secondes à peine. Poussière éprouva un soulagement relatif, comme si une certaine tension s'était relâchée.
Il marcha dans le noir et le silence pendant ce qui lui sembla un bon quart d'heure avec l'idée de rejoindre le centre-ville. Après tout, ça ou autre chose... Aucun astre ne brillait. Tout du long de son parcours laborieux il tenta de se remémorer le plus grand nombre d'images colorées possible: tableaux, estampes, jeux, livres illustrés, photographies, films. Il lui paraissait de plus en plus évident qu'un blocage l'empêchait d'accéder à la plus grande partie de son musée intérieur. Quelques formes floues seulement lui vinrent en tête, de même que les gravures entrevues au départ de Juillet. Mais il gardait l'espoir de les rendre plus précises avec un peu d'effort régulier.
Au tournant d'une ruelle, sur ce qui devait être la grand-place et, plus précisément, à l'endroit théorique du beffroi, il perçut simultanément un texte fluorescent et un ronflement.
Les caractères mesuraient bien chacun une coudée de haut et étaient perchés sur plusieurs lignes depuis la hauteur du deuxième étage jusqu'au haut du rez-de-chaussée. A peine visibles, ils indiquaient: "Accueil", et en dessous: "Table des matières" suivi de quelques séries de chiffres.
Le ronflement provenait du seuil du beffroi (s'il était toujours à sa place). Poussière s'en approcha prudemment et, à la lueur ténue des chiffres au-dessus, distingua une petite forme humaine coiffée d'un chapeau tyrolien.
"Wie geht's?" articula-t-il d'une voix enrouée.

8 commentaires:

Holly Golightly a dit…

Très original !
J'attends la suite.

Julie a dit…

Merci Holly, ça me fait plaisir. Moi aussi j'attends la suite, malheureusement je ne la connaîtrai que demain, en l'écrivant.
Je demande pardon aux amateurs de belle langue: je n'ai aucune prétention dans ce domaine donc j'écris de façon quasi automatique, mais vous en avez l'habitude.
;o]

Audrey H. a dit…

Mais mon cher Renard, cela devient un véritable roman!
Un authentique fragment littéraire, comme dirait certain mathématicien... ;-)

Clap clap clap.

Julie a dit…

Oh là... fragment oui, littéraire non. Merci en tout cas.

Brigetoun a dit…

ma foi tu as de beaux automatismes si vraiment tu écris ainsi - et un tréfonds philosophique qui semble filer sous ton texte
très fable tout cela et je suis ravie de la voir se développer

Siréneau a dit…

Ouiii, je suis scotché à cette histoire, merci cher Renard et vive demain !

Holly Golightly a dit…

Oh, si, c'est littéraire !!!!

Anonyme a dit…

Ben oui, l'automatisme te va très bien (moi aussi, j'écris comme ça, alors je ne vais pas te dire le contraire hi hi hi), et je trouve que tu nous campes une petite atmosphère de derrière les fagots ! Miam ! Vite, je veux lire la suite...