Prenant son courage à deux mains, Poussière regarda Juillet dans les yeux dans l'espoir de l'interroger. Mais celui-ci, déjà, commençait à s'effacer, au figuré comme au propre, il reculait vers la porte tout en s'estompant, virait au vert-de-gris généralisé. Sa dernière parole fut:
"La sanction s'applique dès maintenant, Nouveau. Votre solde de réalité est descendu à..."
Mais Poussière n'entendit pas la fin. Il s'en moquait un peu, d'ailleurs: Juillet était passé et reparti, bon débarras.
Malgré la punition, tout autour de lui demeurait à peu près cohérent.
Une expression frappa soudain sa mémoire, une réminiscence d'il ne savait ni où ni quand: "images du monde flottant". Il visualisa une lame de fond, le mont Fuji, des femmes aux chignons complexes, des animaux aux formes contournées, des idéogrammes rouges.
Et il se retrouva dehors dans une rue froide de la ville-armure toute de tôle vêtue.
Les souvenirs colorés l'avaient littéralement propulsé hors de sa chambre, hors de son appartement, hors de sa tour, de l'autre côté des miroirs sans tain.
"On va dire que le plus dur est fait! Je n'ai plus qu'à me calmer et à me fondre dans la masse" se dit Poussière en scrutant les environs à la recherche d'un semblant de... masse.
3.8.06
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4 commentaires:
Tes textes ont des accents orwelliens que j'aime beaucoup.
vraiment personne dans les rues de la ville de fer? pas un petit groupe de touristes à suivre ?
Inspiré par la réalité... Bigre !
J'aime beaucoup.
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