"Tiens donc! Alors je vous rejoins, proposa Gamaliel.
-Ma foi, pourquoi pas? D'ailleurs je bavarde actuellement avec le seigneur Vaïsed. C'est lui qui m'a appris que je vous trouverais probablement ici.
-Votre don est réellement prodigieux!
-Il est aussi particulièrement fatigant, surtout à mon âge et à si longue distance. Aussi vais-je vous laisser. Mais auparavant je vous suggère une étude plus attentive de ces trois ruines. Mon intuition me dit que l'une des réponses à vos questions s'y trouve. Mais je vous crois bien mieux qualifié que moi pour la trouver. A très bientôt, Monsieur Pelsoth." Et elle disparut soudain, dans un petit appel d'air.
Gamaliel se sentit d'abord comme un adolescent avec un exercice à faire. Appliqué, concentré, il refit le tour des vestiges, essayant de voir ce que l'enseignante n'avait pu percevoir. Il passa en revue mentalement le plan des bâtiments (du moins ce que l'on en connaissait). Il chercha en vain un rapport entre leur forme et celle du nautodrome. En résumé il se creusa beaucoup la tête, sans aucun résultat.
Alors il repensa à ce que lui avait dit le professeur: "mieux qualifié". Cela ne pouvait signifier qu'une chose: qu'il devait se fier à ses perceptions hors du commun, et non à son esprit d'analyse qui était plutôt moyen. Il retourna au premier bâtiment. Puisque ses yeux ne lui avaient pas appris grand-chose, il les ferma. Puisque sa raison ne lui avait ouvert aucune piste, il la mit en sourdine.
Il sentit alors la bonne odeur alcaline, rafraîchissante, de la pierre. Il entendit le bruit de la brise filtrant à travers les blocs disjoints par endroits. Il glissa les doigts sur les dalles. Il explora ainsi à tâtons les murs, le sol de l'entrée puis poursuivit le contact dans la pièce du fond. Il étouffa ce qui restait de son entendement, se laissa porter par tout ce qui n'était pas abstrait. Il demanda aux objets perceptibles de révéler les vérités simples contenues en eux.
Les bâtiments avaient été restaurés sur les fonds de Valdo Vaïsed, le fringant ancêtre de Vito. Cela se devinait à la texture différente de certains blocs des murs. Mais le sol était resté intouché. Ce sol où il rampait presque... Voilà, c'était au sol que résidait la réponse: les 'archéologues' du siècle précédent n'avaient pas réellement fait oeuvre de spécialistes, ils n'avaient pas exploré les profondeurs, seulement décrit les pierres mises au jour.
Il rouvrit les yeux, partit vérifier selon la même méthode les sols des deux autres ruines.
Il y retrouva ce qu'il avait repéré: une dalle en apparence quelconque, ni plus grande ni plus petite, ni plus régulière que les autres, possédait dans chacun des trois pavements, toujours dans la pièce du fond, une surface qui 'parlait' différemment à ses doigts. De plus, aussi surprenant que cela paraisse, des trois dalles émanait un parfum marin, infime et légèrement dénaturé mais suffisant pour le maître serrurier.
Il éclata de rire, soulagé d'avoir deviné le petit secret des lieux. Il ne savait pas ce qui se trouvait sous les dalles, mais le plus dur était fait.
Il rejoignit alors, rasséréné, le professeur et le mécène sur le chantier pour faire le point.
Quand il déboula sur le chantier, il vit les deux aînés en pleine conversation. Il ne savait pas que Vito Vaïsed était un charmeur... Mais ce n'était pas le propos!
"Ah Gamaliel, Altélia m'a annoncé votre arrivée! Mais vous en avez mis, du t...
-Il faut desceller le sol! Il y a quelque chose en dessous!
-Donc vous avez trouvé, dit calmement le professeur. De quoi s'agit-il, selon vous?
-Je n'en sais fichtre rien, euh... Je l'ignore tout à fait, professeur...
-Nous ne sommes plus en classe, Monsieur Pelsoth.
-Euh... En effet, professeur. Donc je ne sais pas ce que c'est, mais ça vient de l'océan.
-De l'océan, voyez-vous cela?" demanda Vito d'un air étrange.
-Ma foi, pourquoi pas? D'ailleurs je bavarde actuellement avec le seigneur Vaïsed. C'est lui qui m'a appris que je vous trouverais probablement ici.
-Votre don est réellement prodigieux!
-Il est aussi particulièrement fatigant, surtout à mon âge et à si longue distance. Aussi vais-je vous laisser. Mais auparavant je vous suggère une étude plus attentive de ces trois ruines. Mon intuition me dit que l'une des réponses à vos questions s'y trouve. Mais je vous crois bien mieux qualifié que moi pour la trouver. A très bientôt, Monsieur Pelsoth." Et elle disparut soudain, dans un petit appel d'air.
Gamaliel se sentit d'abord comme un adolescent avec un exercice à faire. Appliqué, concentré, il refit le tour des vestiges, essayant de voir ce que l'enseignante n'avait pu percevoir. Il passa en revue mentalement le plan des bâtiments (du moins ce que l'on en connaissait). Il chercha en vain un rapport entre leur forme et celle du nautodrome. En résumé il se creusa beaucoup la tête, sans aucun résultat.
Alors il repensa à ce que lui avait dit le professeur: "mieux qualifié". Cela ne pouvait signifier qu'une chose: qu'il devait se fier à ses perceptions hors du commun, et non à son esprit d'analyse qui était plutôt moyen. Il retourna au premier bâtiment. Puisque ses yeux ne lui avaient pas appris grand-chose, il les ferma. Puisque sa raison ne lui avait ouvert aucune piste, il la mit en sourdine.
Il sentit alors la bonne odeur alcaline, rafraîchissante, de la pierre. Il entendit le bruit de la brise filtrant à travers les blocs disjoints par endroits. Il glissa les doigts sur les dalles. Il explora ainsi à tâtons les murs, le sol de l'entrée puis poursuivit le contact dans la pièce du fond. Il étouffa ce qui restait de son entendement, se laissa porter par tout ce qui n'était pas abstrait. Il demanda aux objets perceptibles de révéler les vérités simples contenues en eux.
Les bâtiments avaient été restaurés sur les fonds de Valdo Vaïsed, le fringant ancêtre de Vito. Cela se devinait à la texture différente de certains blocs des murs. Mais le sol était resté intouché. Ce sol où il rampait presque... Voilà, c'était au sol que résidait la réponse: les 'archéologues' du siècle précédent n'avaient pas réellement fait oeuvre de spécialistes, ils n'avaient pas exploré les profondeurs, seulement décrit les pierres mises au jour.
Il rouvrit les yeux, partit vérifier selon la même méthode les sols des deux autres ruines.
Il y retrouva ce qu'il avait repéré: une dalle en apparence quelconque, ni plus grande ni plus petite, ni plus régulière que les autres, possédait dans chacun des trois pavements, toujours dans la pièce du fond, une surface qui 'parlait' différemment à ses doigts. De plus, aussi surprenant que cela paraisse, des trois dalles émanait un parfum marin, infime et légèrement dénaturé mais suffisant pour le maître serrurier.
Il éclata de rire, soulagé d'avoir deviné le petit secret des lieux. Il ne savait pas ce qui se trouvait sous les dalles, mais le plus dur était fait.
Il rejoignit alors, rasséréné, le professeur et le mécène sur le chantier pour faire le point.
Quand il déboula sur le chantier, il vit les deux aînés en pleine conversation. Il ne savait pas que Vito Vaïsed était un charmeur... Mais ce n'était pas le propos!
"Ah Gamaliel, Altélia m'a annoncé votre arrivée! Mais vous en avez mis, du t...
-Il faut desceller le sol! Il y a quelque chose en dessous!
-Donc vous avez trouvé, dit calmement le professeur. De quoi s'agit-il, selon vous?
-Je n'en sais fichtre rien, euh... Je l'ignore tout à fait, professeur...
-Nous ne sommes plus en classe, Monsieur Pelsoth.
-Euh... En effet, professeur. Donc je ne sais pas ce que c'est, mais ça vient de l'océan.
-De l'océan, voyez-vous cela?" demanda Vito d'un air étrange.

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