5.2.08

Nautodrome 2 - Sexto

"Sur ma foi, je n'y suis pour rien, monsieur l'architecte!
-Et moi non plus, ironisa la voix de Gamaliel. Juste au cas où tu te demanderais.
-Cela dit, je sais ce qui se passe. Je vous l'expliquerai seulement si vous ne me demandez pas d'où je tiens l'information.
-Eh bien! Soit! je ne vous le demanderai pas.
-Espèce de tête de mulet, puisque je te dis que le seigneur Vaïsed est sincère!" s'exclama Gamaliel en actionnant un briquet qu'il avait enfin déniché dans les tréfonds de ses nombreuses poches d'artisan. Durant l'infinitésimal instant de la première étincelle il perçut toutefois dans les yeux du mécène un éclair d'étrangeté sans aucun rapport avec la faible source lumineuse. Circonspect, il ralluma silencieusement les chandelles de la pièce. Dedlar n'avait pas bougé d'un cil et Vaïsed s'était confortablement affalé de tout son poids onctueux sur le fauteuil le plus proche.
"Revenons à nos flétans, dit l'architecte: laissez-moi votre dossier, là, je le regarderai et vous adresserai mon devis sous deux jours."
Un peu secoué quoique nullement étonné, Vito Vaïsed se releva doucement, déposa une liasse de papiers sur le bureau, les salua et prit congé.
Une fois la porte rabattue sur ses basques, les deux compagnons se regardèrent un instant.
"Alors, maître serrurier, grand initié aux secrets des mécanismes, vas-tu me dévoiler le fond de ta pensée? Vas-tu me sermonner, ou me féliciter?
-Ded, primo tu n'as pas besoin de moi pour savoir que tu n'en fais qu'à ta tête. Secondo, plus le chantier est ample et plus tu en souffres, là ça va carrément être de la torture. Quarto cette extinction soudaine des feux ne me dit rien qui vaille. Quinto le client ne nous menace pas mais nous dissimule de grands pans de l'affaire, tu sais que mon instinct ne peut me tromper là-dessus. Et sexto... Sexto... Et flotte!... Sexto, tu n'en fais qu'à ta tête!
-Bien vu, et je te remercie d'être si loquace. Donc tu...
-Donc retroussons nos manches, camarade. Il faudra bien que quelqu'un veille sur toi pendant tes crises. Ca tombe bien: je n'ai rien de prévu les douze prochains mois.
-Gam'Pel, que ferais-je sans toi?
-C'est simple et tu le sais, mon pote: tu mourrais."

3 commentaires:

Siréneau a dit…

Moi c'est le non-dit du tertio qui m'inquiète :)

Julie a dit…

Je ne répondrai qu'une chose: oups...
Ah oui, peut-être aussi ceci:
est-ce un acte manqué ou simplement une erreur commise par distraction au moment d'écrire sur mon Palm en attendant sur un quai de gare froid le RER en retard d'une demi-heure (oh pauvre de moi, bouh ouh ouh)?
Non, je le répète: gelée pas fait exprès.

Unknown a dit…

Gelée, hi hi hi ! J'ai faim de comprendre !