9.2.08

Nautodrome 4 - A boire

Les deux amis discutaillaient depuis quelques minutes déjà, finalement sans trop enrichir le débat. Quoi qu'il en fût, Dedlar avait d'emblée accepté le marché, l'essentiel était dit. En outre, l'après-midi touchait à sa fin et l'architecte avait hâte d'entamer l'étude des documents avant la nuit. Aussi Gamaliel interrompit-il lui-même ses objections par une ultime boutade et quitta son compère avec un clin d'oeil protecteur:
"Comme toujours, je reste dans les parages, essaye de garder le cap. D'accord?
-D'accord, Gam'Pel, à très bientôt.
-Mademoiselle, euh... Smyss, c'est ça? demanda Gamaliel en ouvrant la porte et en gagnant le secrétariat. Maître Kreg a besoin de la plus extrême tranquillité. Que personne ne l'importune jusqu'à nouvel ordre et pour aucun prétexte. Auparavant, il lui faut deux... non, trois carafes d'eau et un verre. Merci."
La jeune femme s'exécuta immédiatement tandis que Gamaliel rejoignait son propre bureau juste à côté. Il pensa que Dedlar avait bien de la chance d'avoir dégoté une assistante aussi sérieuse, professionnelle et discrète. Mais elle venait à peine d'intégrer leur cabinet donc il s'inquiétait un peu: bien qu'avertie dans les grandes lignes des méthodes insolites de son patron, elle n'avait pas encore été présente lors d'une 'phase de création' un tant soit peu agitée. Or là, ça s'annonçait très remuant pour Dedlar, comme sans doute jamais par le passé vu l'envergure probable de l'ouvrage, sans compter les péripéties subséquentes à prévoir.
Dans un coin de sa pièce, il déblaya un petit divan qui était couvert, comme tout le reste, de schémas techniques, de livres et même d'instruments divers, se servit une rasade de genièvre et s'y installa aussi confortablement que possible avec un traité de minéralurgie sur les genoux, en vue d'une veille prolongée.

Une fois fourni en eau, Dedlar Kreg s'était ménagé une large zone vide sur son plan de travail, avait feuilleté pendant quelques minutes son sempiternel recueil de poèmes elporiens qui l'aidait toujours à se détendre un peu, puis il avait étalé d'un côté les documents de Vaïsed, de l'autre une liasse de feuilles vierges avec des fusains et un té.
Le processus pouvait débuter. D'ailleurs il commençait déjà: Dedlar avait la gorge sèche.

3 commentaires:

Siréneau a dit…

Comment tu fais? J'admire, je rêve, j'ai changé d'univers, poésie elporienne...

Julie a dit…

C'est grâce à mon Palm! :)

Unknown a dit…

Et beh, c'est clair, on y entre comme dans du beurre, dans ton univers... Vivement la suite ! A tout de suite !!!!