-
Vous ne semblez pas vexé outre-mesure... reprit Vannakken.
-
Vexé de quoi ? D'avoir été grugé ? Bof, je suis entré là sans but
et je ne m'attendais pas à un miracle. Je suis plutôt content du
résultat en fait, j'ai l'impression d'avoir fait avancer des choses.
-
Vous oubliez que vous vous êtes retrouvé par terre, pourtant !
-
C'est vrai... Vous croyez que c'est grave ?
-
Nous verrons, mais ne vous en faites pas : vous êtes ici dans l'un des
meilleurs centres neurologiques de France. Je vous préviens cependant que vous
avez plein de paperasses à faire, la routine indispensable...
Il
prit la tablette électronique posée sur son bureau et la lui tendit, en lançant
l'application "1ère visite" :
-
Je vous laisse avec ça. Il y a une demi-douzaine de
formulaires successifs: la fiche classique d'identité, les
autorisations pour les prises de vue IRM, radio, écho, une
assurance, vos antécédents familiaux. Si vous n'êtes pas hostile
au fichage administratif, vous avez peut-être déjà un dossier bien
fourni dans le serveur de l'Admisphère ; dans ce cas vous trouverez
des liens à différents endroits pour en télécharger les éléments
concernés en vous identifiant avec votre Armscreen. Ça ira plus
vite. Vous voulez de la musique ?
Thomas
accepta. Le professeur cliqua sur son iPin connecté sans fil aux
murs de la pièce. Une mélodie japonaise au shamisen se développa
doucement autour du jeune homme.
-
Je reviens dans dix minutes. Appelez-moi si vous avez terminé plus
tôt. Mais prenez votre temps: même si c'est fastidieux, plus vous
serez précis plus nous avancerons vite.
Thomas
compléta donc assez rapidement les formulaires. Lorsqu'il aborda la
section sur la famille il se rendit compte qu'il aurait dû davantage
parler avec ses parents, davantage apprendre sur ses aïeux, davantage
aussi faire connaissance avec Philomène, du moins dans la mesure du
possible vu à quel point elle était secrète.
Il
avait fini au bout de cinq minutes mais au lieu d'appeler le
professeur, il préféra profiter du calme du bureau et admirer les
œuvres d'art. Il revint aux jumeaux africains, en admira la patine
et la dissymétrie subtile et très équilibrée. Il n'était pas
spécialiste du tout mais il percevait la perfection de cette
sculpture, et puis la force quasi hypnotique qu'elle dégageait. Les
yeux, surtout, l'attiraient et il n'avait pas envie d'en détacher le
regard.
Cependant,
peut-être sous l'influence de l'air de shamisen, il pensa soudain
"mes efforts n'ont pas été inutiles", en Japonais, et le
charme se rompit.
Puis
le professeur revint, muni d'un étrange appareil qu'il posa sur un guéridon dans un coin de la pièce :
- Ah bien ! Vous avez déjà terminé. Je vais examiner tout cela. En attendant, vous voulez bien, pendant trois minutes montre en main, fixer du regard cette petite machine ? Elle ne vous fera pas de mal, elle sera même, en apparence totalement inerte, ajouta le professeur en souriant. Pendant ce temps je vais consulter et télécharger les éléments d'information les plus immédiatement utiles dans vos formulaires.
Thomas se soumit à la consigne. Il s'assit bien droit dans son siège en se tournant vers l'appareil, mit son minuteur d'Armscreen en marche pour trois minutes en se demandant s'il était devenu un oeuf à la coque, et figea son regard droit devant lui. L'objet, globalement cylindrique, vertical, mesurait environ vingt-cinq centimètres de haut, ne présentait aucune symétrie dans les détails, semblait composé de bois clair et métal gris. Son design ne correspondait pas au style rustique en vogue à l'époque. Il présentait des courbes et des faces plates et anguleuses, un drôle de mélange. À peu près au milieu face aux yeux de Thomas se trouvait un oeil électronique, comme sur une caméra mais ovoïde, allongé dans le sens de la hauteur.
Thomas se demandait à quoi pouvait servir un tel dispositif.
Au bout d'environ deux minutes, l'oeil vertical parut cligner de ses paupières de métal, Thomas en fut tout troublé.
- Ah bien ! Vous avez déjà terminé. Je vais examiner tout cela. En attendant, vous voulez bien, pendant trois minutes montre en main, fixer du regard cette petite machine ? Elle ne vous fera pas de mal, elle sera même, en apparence totalement inerte, ajouta le professeur en souriant. Pendant ce temps je vais consulter et télécharger les éléments d'information les plus immédiatement utiles dans vos formulaires.
Thomas se soumit à la consigne. Il s'assit bien droit dans son siège en se tournant vers l'appareil, mit son minuteur d'Armscreen en marche pour trois minutes en se demandant s'il était devenu un oeuf à la coque, et figea son regard droit devant lui. L'objet, globalement cylindrique, vertical, mesurait environ vingt-cinq centimètres de haut, ne présentait aucune symétrie dans les détails, semblait composé de bois clair et métal gris. Son design ne correspondait pas au style rustique en vogue à l'époque. Il présentait des courbes et des faces plates et anguleuses, un drôle de mélange. À peu près au milieu face aux yeux de Thomas se trouvait un oeil électronique, comme sur une caméra mais ovoïde, allongé dans le sens de la hauteur.
Thomas se demandait à quoi pouvait servir un tel dispositif.
Au bout d'environ deux minutes, l'oeil vertical parut cligner de ses paupières de métal, Thomas en fut tout troublé.

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